Chaque année, à l’approche du 25 décembre, un phénomène bien connu refait surface. Non, je ne parle du froid de ses morts et de cette grisaille bien french dreamesque qui, sur le chemin du bus pour le boulot, nous fait désirer la légalisation du suicide médicalement assisté un petit peu plus chaque matin.
Non je parle d’un autre phénomène, plus glacial encore, un débat qui s’invite dans les conversations, les communiqués municipaux et les groupes WhatsApp corporate : la Fête de l’hiver™.
Derrière ce terme neuf, inclusif, propre (lavable à 30 degrés) et garanti sans crèche, se cache une question brûlante : la Fête de l’hiver™, nouveau produit nec plus ultra, est-elle en train de battre les bonnes vieilles fêtes de Noël d’antan, celles de mamie au coin du feu, à leur propre jeu ?
Une fois de plus, ClodoNews vous livre une enquête sérieuse, rigoureuse, totalement objective, et surtout hautement utile :
Fête de l’hiver ™ contre fêtes de Noël : que choisir ?
Il fut un temps, pas si lointain, où personne ne se demandait comment appeler les fêtes de fin d’année, puisqu’elles s’appelaient tout simplement… Noël.
Mais ça, c’était avant.
Avant que la Fête de l’hiver™ fasse irruption sur le marché ! La Fête de l’hiver™ est désormais entrée dans nos vies, portée par une vague d’affiches municipales beige clair, des posts LinkedIn sincères (comme à leur habitude) et des mails RH commençant par « Dans un souci d’inclusivité… ».

Mais à chaque avancée technologique, certains détracteurs sont laissés sur le bas-côté. C’est ainsi, il y aura toujours de féroces opposants au progrès préférant se complaire dans l’illusion rassurante du conservatisme. A cause de cette frange gauloise réfractaire de la population, le débat fait rage : faut-il toujours dire fêtes de Noël ou enfin lâcher du lest et se laisser aller à la Fête de l’hiver™ ?
Afin de répondre à ce dilemme cornélien, notre équipe de journalistes qualifiés (détenteurs d’une carte de presse Konbini) se sont posé les vraies questions. Aujourd’hui, nous allons donc vous dire laquelle des deux célébration est objectivement supérieure, grâce à nous, vous pourrez pousser un grand ouf de soulagement et n’aurez plus à vous inquiéter sur la façon de passer cette fin d’année en toute inclusivité :
Les origines mythologiques de Noël
Dans un soucis de rigueur scientifique, il est nécessaire de considérer le prisme mythologique pour savoir qui baise qui entre les fêtes de Noël et la fête de l’hiver.
Tout d’abord, il est important de garder à l’esprit que les fêtes de Noël trouvent leurs racines dans un mélange confus de traditions païennes, de machination capitaliste dont le dessein ultime est la surconsommation et enfin, de marketing Coca-Cola.

La Fête de l’hiver™, elle, est née beaucoup plus récemment, dans un open space gouvernemental chauffé à 19 degrés grâce à notre argent public, entre une réunion sur la diversité et un atelier sur la communication non genrée.
Elle est donc une fête intellectuelle qui pousse à l’élévation culturelle. Pourquoi ? Car elle a été pensée par les plus grandes élites de notre nation et, comme tout le monde le sait : ce que l’intelligentsia considère bon pour nous est, tout naturellement, bon pour nous.
Nous avons donc d’un côté, une histoire millénaire faite de symboles, de rites et de spiritualité. Une tradition chère à tout un peuple arc-bouté sur des codes et une culture commune. En bref, un truc un peu chiant et ringard qui mériterait un bon coup de renouveau.
Et de l’autre côté, nous avons la Fête de l’hiver™, qui, elle, n’a pas peur de célébrer un concept audacieux : faire exactement la même chose que les fêtes de Noël ! Mais en mieux toutefois, car dans la Fête de l’hiver™, il n’y a aucune mention du mot Noël. Et là c’est sexy, là c’est vendeur. Là c’est 2026 et disruptif sur le marché.
Avantage donc à la Fête de l’hiver™ pour sa capacité à aller directement à l’essentiel, à nous délester de tout le coté traditions un peu obsolète et franchement dépassé, et ce, sans froisser personne !
Le sapin de Noël VS le sapin de l‘hiver™
À Noël, on parle de « sapin de Noël« . Mais concrètement, que se cache-t-il derrière ce terme quelque peu obscur ? Qui est Noël ? Pourquoi décrétons-nous qu’il s’agit de « son » sapin bien à lui et pas à quelqu’un d’autre ? Pourquoi toutes ces manigances et théories un brin complexe ? Franchement, le sapin de Noël ne fait pas rêver, il écarte volontairement une grande partie de la population qui n’a pas la chance de porter le prénom « Noel » en les privant de leur propre arbuste vert pour célébrer la fin d’année dignement. Il s’agit donc d’une fête discriminatoire et donc, en toute logique : raciste.
Lors de la Fête de l’hiver™ en revanche, nous oublions le terme obscène de « sapin » pour plutôt parler de celui « d’installation végétale saisonnière à connotation festive », une appellation bien plus joyeuse et ouverte à tous.tes.ent qui fait le plaisir des petits comme des grands.

C’est la fête !
Alors oui, concrètement, c’est le même arbre. Les mêmes guirlandes. Les mêmes boules qui tombent et se cassent quand le con de chat orange pète un câble de manière aléatoire.
Mais la Fête de l’hiver™ apporte un supplément d’âme éducatif : la possibilité d’expliquer pendant 12 minutes à vos invités pourquoi ce sapin est 100% laïque et n’a aucune signification religieuse, tout en les empêchant de toucher les décorations. C’est pas fun tout ça ? C’est apprendre en s’amusant !
Noël est systémique dans son racisme. La Fête de l’hiver™ est systémique dans son pédagogisme. Avantage à la Fête de l’hiver™ une fois de plus !
Le Père Noël existe-t-il encore ?
Trigger warning pour cause de sujet sensible. Veuillez éloigner les lecteurs les plus jeunes de cet article
Dans les fêtes de Noël, le Père Noël est un vieux monsieur bedonnant, blanc, barbu, hétéro-normé, de plus de 50 ans, qui pue sûrement le vin rouge et a probablement des opinions clairement arrêtées concernant la problématique immigratoire. Il y a d’ailleurs fort à parier que ce méprisable personnage est propriétaire de plusieurs résidences secondaires en Laponie et vit de ses rentes tel le boomer de son acabit.
Le Père Noël est donc la personnification parfaite de cette vieille France rance qui vit dans les fantasmes passéistes. Qui voudrait d’un tel modèle pour nos générations futures ? D’autant plus que, selon les rumeurs (bien que non prouvées à ce jour), ce dit Père Noël n’existerait même pas et ne serait que le fruit de l’imagination débordante d’enfants encore un peu trop cons pour affronter la dure réalité du monde du travail.
Fort heureusement, dans la Fête de l’hiver™, ce vieux croulant de Père Noël est remplacé par :
- un distributeur™ de cadeaux saisonnier
- une entité hivernale non genrée™
- un NFT™ téléchargeable

Grâce à la Fête de l’hiver™, le père Noël peut transitionner en un millier de formes magiques, telles que le… l’ange ? Le papillon ? Bref l’insecte LGBT là
Ainsi, les enfants continuent de recevoir des cadeaux mais tout cela sans l’inquiétante ombre d’un Père Noel aviné planant au dessus de leurs cheminée à la nuit tombée. Franchement qui est le fou qui avait validé ça lors de la dernière réunion ? Un racelard en traineau volant qui peut faire irruption à l’improviste dans le foyer des gens ? Il n’y avait pas plus anxiogène comme concept ?
Encore un point pour la Fête de l’hiver™, qui réussit l’exploit de conserver la magie de Noël mais ce tout en supprimant toute joie spontanée. C’est pas fortiche ça ?
Des cadeaux™ plus inclusifs
Qu’il s’agisse de Noël ou Fête de l’hiver™, le combat reste le même : offrir un objet inutile à quelqu’un qui n’en voulait de toutes façons pas.
Cependant, la Fête de l’hiver™ introduit une nouveauté appréciable : le cadeau neutre et non offensant. Ainsi par exemple, vous aurez peut-être la joie de découvrir au pied de votre sapin d’hiver™ cette année un cadeau tel que :
- la bougie sans odeur
- le plaid moche de couleur beige
- le mug avec écrit « Moment d’hiver » ou autre slogan générique vidé de toute substance

Amateurs de fête de l’hiver recevant des… des boules de l’hiver comme cadeau ? Reste à savoir où se le mettre
Pendant ce temps là, Noël, lui, reste coincé dans le piège de l’émotion sincère, des cadeaux provocants et personnalisés qui, bien qu’ils puissent faire rire l’intéressé, peuvent aussi offenser l’ensemble des autres convives.
Imaginez offrir un recueil des meilleures blagues de Laurent Ruquier à votre boomer d’oncle. Très bien, il va peut-être péter de rire et vous remercier chaleureusement malgré ses goûts de merde. Mais avez-vous pensé aux enfants ? Oui aux enfants ? Saviez-vous que Laurent Ruquier est un pétomane, homme blanc et amateur de blagues grivoises qui ne devraient jamais être entendues par des oreilles innocentes ? Exposer vos enfants à tout humoriste bien trop borderline, à tout film aux relents de cinéma d’extrême droite, à tout cadeaux un petit peu trop genré tel qu’un Action Man mysogine, est le risque d’un dommage émotionnel pour tout convive qui n’y était pas préparé psychologiquement.
Avantage net pour la Fête de l’hiver™ une fois de plus, championne incontestée du présent impersonnel mais socialement acceptable qui assure une société homogène, morne, soporifique mais fort heureusement sans dissensions sociales.
Remplacer les traditionnels chants de Noël
Noël a ses chants traditionnels, joyeux, parfois endiablés, mais souvent claqués au sol.
Il faut le dire clairement, avec le courage journalistique qui nous caractérise toujours : les chants de Noël sont problématiques.
À Noël, on ne diffuse pas de la musique, on l’impose. Les chants surgissent sans prévenir, dans les supermarchés, chez les voisins, à la radio, dans la tête, parfois même avant le mois de décembre. Pointer le bout de son nez dehors est prendre le risque de croiser ces chorales de merde avec ces cons de gosses insupportables qui miaulent à qui mieux mieux. De plus, Noël ne respecte aucun calendrier démocratique : dès novembre, Petit Papa Noël ou la chanson de l’autre pute Maria Carré squattent l’espace public comme si ils elles détenaient une autorisation préfectorale.
Ah ça pour laisser Riton squatter l’Intermarché y’a plus personne mais pour Maria Carré là les industriels se plient en quatre.
Alors oui, les défenseurs aveugles de Noël parleront de « tradition ». Argument classique, souvent utilisé quand on ne sait plus justifier rationnellement un comportement. Et c’est compréhensible, car comment justifier autrement des chants de Noël objectivement répétitifs, envahissants, et reposant tous sur le même concept narratif aussi pauvre que : ouin ouin il fait froid, mais eugneugneu on est contents.
Non fils de pute. On est pas contents. Ca caille comme pas possible dans nos bourgades moches comme tout et il n’y a pas une âme qui vive dans les marchés de Noel (bon ok à leur décharge, les dernières âmes vivantes se trouvent désormais sous les roues du camion d’Abdel Slam).
À la Fête de l’hiver™, au moins, on a eu l’élégance de reconnaître que personne n’avait vraiment envie d’entendre ces chansons naïves. Noël exige la participation (t’es mal vu en plus si tu fais pas semblent d’être un imbécile heureux) et ses chants fonctionnent sur un principe brutal : tout le monde doit connaître les paroles, même ceux qui en ont rien à foutre.
C’est une culture de l’otage musical. Vous êtes dans une pièce, quelqu’un commence Vive le vent, et soudain vous êtes moralement obligé de fredonner, sous peine d’être accusé de « casser l’ambiance ». Tandis que la Fête de l’hiver™, elle, respecte le consentement auditif et ne cède rien au terrorisme.

Chorale de l’hiver™
À la Fête de l’hiver™ au moins, les enfants écoutent des sons neutres, apprennent à ne pas interrompre l’ambiance, et développent très tôt une capacité précieuse pour vivre dans la France du 21ème siècle, à savoir : ne rien ressentir trop fort. S’interdire toute sorte d’amusement en somme.
Enfin, dernier argument, et non des moindres : les chants de Noël donnent envie de chanter.
Or, chanter implique :
- une voix
- une opinion propre
- une âme d’enfant
Trois choses profondément incompatibles avec une société moderne et fonctionnelle.
La Fête de l’hiver™ a compris cela. Elle ne cherche pas à rassembler par la joie bruyante, mais à aligner les individus dans un silence feutré, ponctué de nappes sonores inoffensives privilégiant les playlists « ambiance cocooning », les reprises acoustiques lentes qu’on entend dans tout ascenseur d’hôtel digne de ce nom et surtout des morceaux sans paroles pour éviter toute référence problématique (pas d’album raciste de Squeezie par exemple, même si je pense que personne n’envisageait de diffuser ça en public de toutes façons).
Conclusion : La Fête de l’hiver™ est supérieure aux ringardes fêtes de Noel
Au terme de cette enquête rigoureuse, équilibrée et parfaitement orientée, une vérité s’impose : les fêtes de Noël ont perdu.
Pas sur le terrain de la joie, ni même sur celui de la tradition qui ne sont que des critères trop abstraits, trop émotionnels, trop humains. Non. Noël a perdu sur l’essentiel : le terrain administratif et moralement supérieur.
En 2025, vous devez donc abandonner ce concept fatigué qu’est Noël. Une célébration qui n’est que trop connotée à l’extrême (droite, évidemment) du carcan politique et surtout, une célébration trop joyeuse. Noël exige quelque chose de vous : un effort, une émotion, parfois même d’avoir des amis ou des proches. Il vous écarte de l’individualisme de notre société que nous nous sommes pourtant efforcé à bâtir depuis tant de décennies.
Grâce à la Fête de l’hiver™, plus besoin de croire en quoi que ce soit. Plus besoin de chanter. Plus besoin d’expliquer aux enfants pourquoi on célèbre quelque chose sans trop savoir quoi. On se contente de célébrer la… et bien disons le… le climat ? Oui voilà, la saison, le ressenti thermique moyen.
C’est beaucoup plus fun non ? Non ? Bon ben en tout cas c’est beaucoup plus sûr et neutre, c’est la froideur sécuritaire et socialement acceptable vers laquelle nous devons tendre.
Article rédigé par : Claude de de l’hiver™ 

C’est discriminant pour ceu.e.x.nt.+ qui ont pas d’hiver, vous jouez le jeu pervers narcicirque du partiarca comme Catherine Laborde et Romejko qui veulent normaliser les saisons et les mettre dans des cases, facho.e.s.π. va
Alors il faut pas confondre identité de météo et expression de météo sinon on va déjà mal partir