Dans la grande famille du journalisme d’investigation, il y a les pros (pas celui-là :
), ces stars en costard-cravate, qui ont leurs cartes de presse de petits prétentieux, qui se prennent pour Tintin et dévoilent des scandales d’État… et puis il y a les autres.
Ceux qu’on envoie sur des affaires foireuses, mal payées, parfois même dangereuses et surtout toujours ridicules. C’est cette vie que Djokaire a choisi de mener, enfin pas vraiment, mais c’est cette vie qui a choisi Djokaire en tout cas.
Coincé entre son patron je-m’en-foutiste, son caméraman cynique et une nouvelle enquête qui sent le meurtre sordide à plein nez, Djokaire prend la direction de Marseille, où la police et l’incompétence forment un duo explosif. Bienvenue dans une histoire où personne n’a franchement le niveau, mais où tout le monde fait semblant comme il est de tradition dans le journalisme français :
Marseille : un meurtre atroce… confié aux pires journalistes du pays
– Salut Patron, vous vouliez me voir ? 
– Oui, on a reçu les tests psychiatriques. 
– Et du coup ?
– Bah du coup, t’es con. Autiste asperger. 
– Ma maman dit que je suis spécial. 
– Du coup, je te retire de l’affaire de l’ancienne mannequin russe qui a décidé de se
lancer dans le porno ultra violent.

– Patron ! C’est moi qui ai eu l’exclusivité ! J’ai même reçu une accréditation pour
visiter les locaux de son nouveau taff et…

– Sauf que c’est moi qui décide. Pour une histoire aussi importante, on peut pas se
permettre d’envoyer un con d’autiste couvrir le délire.

– Trop pas juste. 
– À la place, je vais envoyer Dave. Toi, tu t’occupes du meurtre de la prof de français
égorgée à Marseille.

– Mais Patron, qui en a quelque chose à foutre des profs ?
– C’est comme ça. Puis tu prends Caméraman avec toi. Tiens voilà ton billet et ta
réservation pour l’hôtel.

– … Jean Autiste ? 
– 
– 
– … Sur le moment, j’ai trouvé ça bonnard.
– Caméraman ? 
– Ouep ? 
– Tu te branleras un aut’ jour, faut qu’on aille à Marseille pour couvrir l’affaire de la
prof égorgée.

– Mais qui en a quelque chose à foutre des profs ?

– J’en sais rien, allez magne-toi. 
– Bon bah… je crois que c’est là. 
– … Y’a déjà des flics dans la cour. 
– … Fais gaffe, vu que c’est une école primaire, y’a peut-être déjà des journalistes de
Libération sur les lieux.
– Bon. Je vais essayer de gérer.
– … Ah bah si tu essaies de gérer, je vois pas pourquoi je me ferais du soucis.

– … 
– … 
– Con d’autiste. 
– Bonjour, vous êtes de la maison ? 
– Hein ? Euh… oui, moi c’est Scully, lui c’est Mulder.

– Mais qu’il est autiste cet autiste. 
– … Il est bizarre votre collègue. 
– … Au moins il fait pas exprès.
– Ouais m’enfin c’est chaud quand même.
– Je suis arrivé ! Ah Marseille, c’est une ville que j’aime bien venir. 
– Ah l’inspecteur Delogu ! 
– … Il est inspecteur lui maintenant ? Il a le niveau au moins ?

– Bah il a le brevet quoi. 
– Désolé je suis en retard c’est parce que j’ai prendu le bus. Bon alors où c’est que la
victime a été mourru ?

– Vous avez vu la scène de crime ? 
– Non j’y suis pas été. 
– Allons-y alors. 
– On les suit Caméraman. 
– Yes. 
– Voilà, on l’a retrouvé ici étranglée, c’est des marques de strangulation que vous voyez sur le cou. C’est une collègue qui l’a retrouvée, une franco-japonaise… bon ça à la limite c’est hors-sujet mais bon les niacoués ont pas fini de nous les briser, et donc… euh… oui, une franco-japonaise, Oraduku Takamaté, elle est prof de mathématiques… puisque… bah… comme je dis elle est japonaise et voilà, on a tracé le contour du cadavre avec une craie blanche, pour le coup on est dans une école donc on a pas trop galéré à trouver une craie et euh… voilà, on vous attendait quoi. Et le légiste aussi.

– Pourquoi il manque un bras à la victime ? 
– On pense que le tueur l’a mangé. 
– C’est dingue d’avoir la dalle à ce point.
– … Fandépute. 
– Comme vous dites. 
– Là comme ça, je voye pas comment on aura pu tuer la victime.

– Bah… en l’étranglant ? 
– Ah oui ! Les marques sur le cou, d’accord ! En même temps c’est pas très voyable.
Et le légiste arrive quand ? 
– Dans 10 minutes 30, d’après lui. 
– … 10 minutes 30 quoi ? Secondes ? 
– … Jusqu’à preuve du contraire.
– Okay c’était pour être sûr.
– Vous êtes sûr que c’est moi l’autiste ? 
– Non parce que 10 minutes et 30 kilos ça veut rien dire, donc je préfère demander. 
– … Bah ouais logique. 
– Des suspects de façon possible ? 
– Oui. Frank Ribéry, Mme Takamaté, Louis Sarkozy et Aymeric Caron.

– Bien, ne mettons pas la charrue avant les boules. Je vais commencer avec Ribéry.

– Il est dans la salle polyvalente, avec les autres suspects.

– Allons-y. 
– On les suit. 
– Bordel c’est fermé ! Ah non ça y’est, j’ai ouvré la porte venez. En fait il suffisait de tirer sur la poignée, regardez.

– On arrive. 
– Hm ? Qui a éteindu la lumière ici ? 
– Attendez chef j’allume la lumière. 
– Bonjour. 
– … Nous croivons que vous sachez ce qui est arrivé à la victime.
– Croivez ce que vous voulez, moi j’ai été au courant de rien.
– C’est où que vous était qui compte, et c’était près de la victime, c’est ça qu’il faut
retiendre.

– Je jouais avec le ballon aux enfants. 
– Et vous avez pas voyablé, au hasard, une prof morte au milieu du terrain ?
– Si j’avais vu, j’aurais pas venu. 
– … Bon, vous restez suspect. 
– Peut-être mais la routourne va vite tourner.

– Bon, passons à l’autre cagole qui a découvé le corps. Mme Oraduku Takamaté.

– Bondour. 
– Alors comme ça on découvre des corps ? 
– Bah tétadire qué… y’était devant… euh… dedans la cour euuh… à tetinstant.

– C’est une tenue ça la jupe courte pour faire l’école hein, Mme Takamaté ?

– Ti vous plé yé veux pas retourner au yapon…

– Mais vous êtes franco-japonaise, vous avez épousé un français non ? 
– Bah tétadire qu’il m’a violé 
– … Bon vous inquiétez pas, y’a toute l’Algérie avec vous. Bon.

– Vous Monsieur le tournaliste… 
– … Moi ? 
– Vous savez que… si vous voulez soulever ma yupe… peut-être… qué… votré
yournal pourrait… aller dans mon sens ?
– … Désolé j’aime pas les femmes. 
– Ah, vous êtes homosexuel ?
– Non, misogyne. 
– Bon, elle a rien fait, je voye pas comment elle aura pu faire quoi qu’il est. Monsieur Sarkozy.

– Vous savez que le meurtre, c’est la meilleure façon de tuer quelqu’un. En plus,
celui-ci… est violement violent. 
– Bon euh… lui il est innocent je veux même pas l’entendoir.
– 
– Et encore, dire qu’il est chiant, c’est un pléonasme. 
– C’est quoi un pléonasme ? 
– … Bah une femme de ménage par exemple.
– Ah je vois. Bon, dernier témoin… Aymeric Camion.
– Caron. 
– Et c’est quoi votre métier ? 
– Végétarien. 
– Vous faisiez quoi dans une école primaire ? 
– Je voulais sensibiliser sur l’antispécisme. 
– 
– … 
– … Bon euh… virez-le moi, il me saoule celui-ci. 
– Bon, retournons sur la scène de crime voir si le légiste est arrivé ?

– Ah. La scène de crime a été nettoyé, sûrement après le passage des pléonasmes. 
– … 
– Monsieur Légiste.
– Monsieur le Légiste. 
– Quelle noblesse. 
– Non c’est mon métier. Mon nom c’est Phillipe… 
– Mytho. 
– Boxho. 
– Ah ok, je croyais que Légiste c’était votre nom, comme Jean Légiste ou…

– Il est con ? 
– Voilà, ça c’est un pléonasme par exemple. 
– J’ai pas comprendu. 
– Surprenant. 
– Alors le légiste, votre premier rapport ? 
– En levrette. J’avais 16 ans et demi. 
– … 
– Ah je plaisante, j’aime bien plaisanter pour détendre l’atmosphère.

– 
– Par contre la victime s’est fait détendre le cul. 
– Je trouve pas ça drôlatique moi. 
– … 
– … 
– Je vais devoir vérifier l’anus. Vous savez me chercher un balais ?

– Sergent, demandez aux pléonasmes si elles ont pas un balais.

– … Hein ? 
– Aux femmes de ménage. 
– Ah tout de suite chef. 
– Alors, attendez… j’enfonce le balais dans l’anus du cadavre et… ah, regardez si je
soulève, je peux en faire une marionnette.

– 
– Pardon. 
– Bon alors, votre rapport ? Me dites pas qu’elle a tombé dans les escaliers.

– Non, je constate que l’anus est encore très humide, il y a encore du pet visqueux, je le sens bien… je crois qu’elle a été prise par surprise. Normalement, quand les vents sont flasques et sirupeux, c’est que la victime est morte de surprise. Regardez, il y avait encore une bulle de pet que j’ai éclaté avec le bout du balais. Vous sentez ?

– … Ouh ça sent pire que mes fesses. 
– Oui c’est l’oeuf protéiné ça. Selon le goût du bout de mon balais… ouais, non c’est
de l’oeuf protéiné.

– Bon qui peut me aider là ? Je dois avancer l’enquête sinon…
– Chef, on a retrouvé ça dans le sac de la victime. 
– Qu’est-ce à dire ? Un message ? 
– Et pourtant, la situation n’est pas plus lisible. 
– … 
– … 
– … 
– … 
– Un peu d’humour. 
– Il dit quoi le message ? Un appel au fascisme ?
– … Bah non. 
– Ah je m’est trompé. 
– Bon lisez cette saloperie de papelard. 
– Ça dit » c’est moi « ; » m, o, a « , » qu’a tuer le gosse, grosse chienne je t’encule très
profondément dans le cul de ta mère la pute en te vidant les ovaires avec une
cuillère et en te mangeant les yeux pendant que je t’enfonce mon membre fumant
dans le nez. Bisous. Post scriptum «

– … Y’a qu’un débile mental pour écrire comme ça. 
– 
– … Bah Ribery. 
– RIBERY ! 
– Oui ? 
– 
– Je pense que j’espère que vous rigolez. 
– Vous allez pas nous dire que c’est pas vous. 
– Vous avez tué son gosse ? Et elle a voulu se venger c’est ça ?
– C’était de la légitime défense. 
– … Ah, alors elle vous a agressé ?
– Oui. Elle voulait se venger de ma personne. Tout ça parce que j’avais tué notre
bébé !

– … 
– Je croyais qu’en le secouant, il s’arrêterait de pleurer.
– … 
– … J’avais un peu raison. 
– Allez, en prison mon garçon. 
– Dans certains pays, y’a la présomption de l’innocence. 
– Mais tia avoué, fada que t’es. 
– … Zut. La prochaine fois je n’écrirais pas que j’avais fait le truc avec le chose. 
– En plus, vous avez mangé son bras. 
– Alors que c’était l’heure de la cantine en plus.
– … J’avais la faim. 
– Je l’embarque Patron. 
– On pourrait peut-être retirer le balais de l’anus maintenant ?
– Ah oui pardon. 
– J’ai appris quelque chose aujourd’hui… 
– Si seulement y’en avait pas qu’une…
– Et c’est quoi ? 
– Que le plus important c’est l’essentiel, et c’est ça le principal.
– De bien sages paroles.
– Parce que moi au départ, je suis pas inspecteur. 
– … 
– … 
– … 
– … Ah bon ? 
Après cette nouvelle affaire rondement torchée, le meurtrier menotté, le balais soigneusement desinfecté, il était temps de rentrer. Retour triomphal au journal où Djokaire pouvait enfin souffler… enfin, presque :
– Ah ah mais qui voilà ! Djokaire ! 
– Salut Dave.
– Alors gros pédé, toujours débile ? 
– … 
– Ah je rigole Mister Autiste. Comme ça, tu résous des meurtres maintenant ?
– … Oui. 
– Dommage que tu n’étais pas là pour interviewer Sarah Luxxx ! Mon meilleur papier, le patron avait raison de me faire confiance. J’ai même participé au tournage de « Alice au pays des pénis » tiens. 
– Content pour toi. 
– Trois latinas du haut de leur 95F qui me branlait la queue mec…, je bandais comme un toro loco. Et le tout pendant que Kendra Lust me chevauchait et qu’Andie Anderson me galochait. Quelle journée !

– J’veux bien t’croire. 
– D’ailleurs Columbo, y’a une mouche morte sur la table à côté du distributeur de
café, tu vas nous le résoudre aussi ce meurtre ?

– … Déjà fait. 
– … 
– Bah oui, je t’ai vu l’écraser pendant que tu prenais ton ristretto de fils de pute.

– … Tu te crois drôle ? 
– Non je suis sérieux, d’ailleurs j’ai été surpris du mobile.

– … Quel mobile ? 
– Vu le sexe de la victime, l’assassin était pris d’une incontrôlable jalousie. 
– … 
– 
– Je vais te tuer sale autiste. 
– Allons les garçons ! Les garçons ! Ne vous battez pas ! Djokaire, viens avec moi.

– J’arrive. Ciao p’tite bite. 
– Alors Djokaire, viens, on va dans mon bureau, prends la chaise que tu veux. On
m’a dit que tu avais aidé l’inspecteur à résoudre le meurtre ?
– Un peu. 
– Bien. Bien…, ça nous fera une belle publicité. Si tu continues comme ça, je
t’enverrai en reportage sur l’industrie du porno de luxe.

– Oh merci patron. 
– D’ailleurs, pour te motiver, je t’ai réservé une heure avec Pénélope Kay. Elle est à
toi, elle t’attend dans ton bureau, tu fais ce que tu veux mon cochon.

– Bordel Patron… 
– Je sais, je sais, allez file lui ouvrir la chatte, mon petit autiste.
– J’y vais Patron ! 
Article rédigé par : Djokaire 


C’est trop long mais bien