Il y a la musique que l’on écoute pour se vider l’esprit, celle qui n’a nul autre but que de s’abrutir gaiment en se déhanchant comme une gueugnon en rut sur le dancefloor devant Jean-Loubar et sa troupe de bandits et puis il y a la vraie musique, celle qui s’écoute avec le cortex cérébral, la musique exigeante, la vraie chanson à textes dont seuls les êtres supérieurs peuvent percevoir la richesse de sa prose. L’artiste Kaaris fait à coup sûr partie de cette deuxième catégorie.

En effet, le rappeur de Sevran, fraichement auréolé de son apparition remarquée dans l’excellent jeu Def Jam : Fight for France, est considéré comme l’un des plus grands lyricistes du rap jeu français par l’ensemble des professionnels de la profession, je veux bien sûr parler de ces puits de connaissance musicale que sont le média Mouv’ et le très savant youtubeur Jhon Rachid.

Et si Kaaris fait tant parler de lui aujourd’hui, ce n’est non pas pour ses excellentes techniques de lancer de flacons de parfum ni pour sa remarquable pilosité faciale qui respire la testotérone mais bien pour sa dernière œuvre, sobrement intitulée « Goulag » (??).

Et pendant que les auditeurs sont encore sous le choc devant la puissance astrale du morceau de Kaaris, encore béats suite à l’écoute d’une mélodie et d’un texte d’une finesse rarement égalée, le rappeur, lui, rit dans sa barbe virile en observant les nombreux ienclis qui ne peuvent saisir ne serait-ce qu’une once de l’intelligence de ses paroles. Voilà pourquoi Clodo News vous propose aujourd’hui une analyse de texte bien nécessaire afin de comprendre pourquoi Kaaris est un véritable petit Mozart du rap.

N.B : Notre analyse de texte se veut non exhaustive, nous ne sommes que des êtres humains humbles devant le talent divin et impénétrable de Kaaris. Nous avons fait du mieux que nous ayons pu.

Kaaris – Goulag : Paroles et explication

Intro :

« Grikitibang
Grikitibang
« 

Vous ne savez pas ce que Grikitibang signifie ? Il s’agit seulement d’un « gimmique » comme on dit chez les rappeur. A travers ce petit cri de ralliement, le royal Kaaris réunit ses fidèles dans le but d’avancer ensemble sur le chemin du niquage de mères.

« Hey, hey, hey, hey »

Kaaris démontre ici sa maitrise parfaite de la langue de Shakespeare. Ambitieux, la France ne suffit plus au divin Kaaris qui désire maintenant conquérir le monde.

Grikitibang

Refrain :

 » Le goulag le goulag le goulag le goulag le goulag le goulag le goulag le goulag »

A travers ce refrain, le K2A nous expose toute l’étendue de sa technique et de son talent lyrique. Son florilège de rimes bien senties s’abat comme un déferlement de violence rythmique sortie tout droit des fours de Sevran.

L’emploi du mot « goulag » fait référence à la sympathie de Kaaris pour le régime communiste de Staline, Kaaris, ivre de puissance, se compare donc au dictateur soviétique et envoie directement la concurrence au goulag sans passer par la case tribunal car Kaaris est le seul juge sur terre.

L’emploi du mot « le », quant à lui, fait référence au pronom personnel représentant la troisième personne, lorsque celle-ci est complément d’objet direct du verbe. Une preuve de plus que le boss de Sevran connait aussi bien sa grammaire que ta grand-mère.

« Ça charbonne comme chinois pour toucher gros boulard
Problème avec personne, nous on s’emballe les couilles »

Véritable modèle de lutte pour l’inclusivité et la multiculturalité, le progressiste Kaaris distille ici, en deux vers, sa vision d’un monde égalitaire et non-discriminatoire. En effet, le K2A annonce que, même si tu es chinois ou obèse, tu peux toujours aller au charbon avec ton rappeur préféré. Kaaris dédicace même sa communauté de cœur, les LGBT, en proposant à ses fans de venir s’emballer les couilles dans la joie et la bonne humeur.

Karise t’emballe les couilles

Couplet 1

« La vitesse, gros gamos, salaire, Sergio Ramos »

La rédaction n’a malheureusement pas pu saisir le message délivré par Kaaris dans ce vers. Derrière cet enchainement de mots aléatoires qui, à première vue, semble totalement incohérent, Kaaris distille en fait un texte énigmatique que le commun des mortels ne peut comprendre par manque d’outils culturels.


Dans l’passé, dans l’futur, j’suis vénère comme Thanos »

Riska, grand cinéphile, démontre ici qu’il s’est tapé, non sans douleur, l’intégralité des films Avengers.

« Le renoi n’est pas net, pénurie de galette, y a plus rien qui m’arrête, j’avale même les arêtes »

Kaaris, de son vrai nom Okou Armand Gnakouri, fait ici référence à son enfance en Côte d’Ivoire où son village fut frappé d’une malédiction chamanique lorsque le dieu de la pluie provoqua une sécheresse qui rendit les galettes de terre impropres à la consommation. Notre grand gaillard fut donc contraint à avaler les arêtes de poissons afin de se rassasier. Notons aussi la subtile rime entre « m’arrête » et « arêtes ».

galette de terre afrique

Couplet 2

« Le bonheur s’trouve dans la prairie ou au fond d’la gorge de ma chérie »
Coupé S pour la série, on va faire la guerre comme en Syrie »

Si des coupés S peuvent facilement se trouver dans les prairies françaises, on peut aussi en observer tout au fond de la gorge de la femme de Kaaris. Le rappeur a constamment besoin de ce type de véhicule pour aller se battre en Syrie au volant de son bolide.

« Les affaires marchent, tout tombe à pique
On est presque en pilotage automatique »

D’après Kaaris, le pilotage automatique d’un avion conduit inéluctablement à sa chute libre « tout tombe à pique ». Aux dernières nouvelles, les constructeurs Airbus et Boeing auraient décidé de supprimer les systèmes de pilotage automatiques de leurs avions sous les conseils du rappeur.

kaaris avion goulag

Alors ? Kaaris mérite t’il son titre de meilleur parolier français ? Les textes de Kaaris plus chauds que ceux du poète mélancolique Nekfeu ou les impertinents Bigflo et Oli ? Hassoule à vous de je-gu !

Article rédigé par : Freddy les bons tuyaux