Pourquoi les moniteurs d’auto-école sont-ils tous de méchants connards ?

Longtemps considéré comme un simple métier de transmission du savoir (Lovanium ), le monitorat d’auto-école est aujourd’hui reconnu comme une discipline psychologique complexe mêlant humiliation pédagogique, apprentissage par le biais de dialogues passifs-agressifs et gestion avancée de la colère humaine.

C’est ainsi, tous les conducteurs sont passés par là. Tous ont appris la conduite auprès d’un sacré connard qui paraissait exceller dans l’exercice de sa profession : être un odieux fils de pute gratuit pour aucune raison valable.

Le zèle de nos moniteurs dans la détestabilité est tel qu’il nous fait parfois nous poser une question : peut-on réellement exercer cette profession sans être un immense trou du cul ?

Nos experts automobiles (Claude en l’occurrence, il n’y a que lui qui a le permis à la rédac. Bien que José l’ait eu un temps aussi… un temps seulement, sombre histoire…) répondent enfin :


Que fait le moniteur d’auto-école ?

Plus qu’un simple métier, il s’agit ici d’une vocation. Le moniteur d’auto-école accompagne l’élève dans l’apprentissage de la conduite automobile mais il guide aussi son disciple dans la découverte progressive de la souffrance et de la violence gratuite. Deux enseignements indispensables pour quiconque souhaite survivre dans notre bas monde.

moniteur d'auto-école pervers

Grâce à lui, le futur conducteur apprend :

  • à caler dans un rond-point devant 14 voitures en se faisant engueuler car il a oublié un micro regard dans le rétro alors que plus personne ne le fait après l’obtention du permis
  • à confondre troisième et cinquième sous la pression psychologique
  • à se faire enculer ses tympans à la moindre hystérie généralisée du moniteur hurlée à 90 décibels.

Professionnel de terrain, le moniteur dispense des cours pratiques dans un véhicule équipé de doubles commandes, lui permettant de freiner brutalement à la moindre suspicion d’erreur de l’élève telle que, par exemple, une respiration trop forte qui viendrait troubler la sérénité dans l’habitacle.

Son rôle éducatif est fondamental. En effet, sans lui, des milliers de Français ignoreraient encore qu’ils ne sont “pas prêts”, “pas concentrés” ou “tout simplement pas faits pour la route et ne le seront jamais à part si ils se font facturer une vingtaine d’heures de plus”, voire même qu’ils « vont se faire enculer leurs mère walah, tu m’as saoulé vas-y là gare toi sur le parking de Carrouf’ on va faire un tête tu vas manger tes morts fils de pute d’élève. Je déconne pas gare toi tout de suite mange-merde » (extraits de conversations réelles)

Le regard quand il est prêt à t’enclencher

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Les missions principales

Le quotidien du moniteur repose sur plusieurs compétences clés :

Instaurer un climat d’angoisse permanent

Pour une raison que seules les auto-écoles connaissent, il est convenu que l’élève moyen apprend mieux si il a l’impression que sa propre vie est en jeu et ce, même lors des manœuvres les plus banales. Ainsi, le moniteur doit, par exemple, être capable de transformer un simple créneau en minutieuse opération de déminage militaire digne des meilleurs films d’action où le héros meurt à la fin.

Pour cela, plusieurs outils pédagogiques sont enseignés :

  • souffler très fort par le nez mais sans jamais vraiment dire ce qu’il ne va pas afin de laisser la tension monter
  • taper du pied côté passager ;
  • répéter “ohlala…Mamaaa” à voix basse en se mordant le poing comme les gitans ;
  • fixer l’élève avec un regard de conducteur de bus pakistanais via le rétroviseur.

Psychologiquement annihiler l’élève, en douceur

Le moniteur veille à alterner critiques vagues et remarques humiliantes afin de maintenir l’élève dans une incertitude mentale optimale.

Exemples de formulations professionnelles :

  • Tu réfléchis des fois ou pas ?
  • Même ma grognasse de femme conduit mieux. Et pourtant elle m’a rayé l’Audi

Et surtout, le fameux :

  • « Tu l’as eu où ton code ? » foutage de gueule imbattable qui vise à anéantir toute once de dignité qui aurait pu subsister dans la confiance en soi de l’élève.

Entretenir le mystère du nombre d’heures nécessaires

Le moniteur maîtrise également l’art subtil de transformer 20 heures obligatoires en doctorat de conduite de 64 heures.

L’objectif étant d’atteindre le moment précis où l’élève :

  • n’a plus d’argent ;
  • n’a plus d’estime de lui-même
  • mais continue malgré tout à réserver des créneaux le mardi à 7h car le taf’ d’esclave chez LIDL requiert le Permis B (pour ranger des poireaux).

Quelles qualités faut-il avoir ?

Contrairement à certains métiers qui ont toujours eu bonne réputation, tels que, contrôleur SNCF, huissier, censeur de merde chez l’ARCOM ou bien Expert TV, le métier de moniteur d’auto-école exige, lui, d’être vraiment un gros fils de pute. Du next level. Une personnalité imbuvable à un tel niveau de professionnalisme que cela force l’admiration.

En effet, les auto-écoles qui recrutent recherchent des profils capables de transformer un simple cours de conduite en expérience traumatique fondatrice pour notre jeunesse qui a une légère propension à l’homosexualité dès que surgit l’ombre d’une contradiction.

Dans le milieu de la conduite, la bienveillance est aujourd’hui considérée comme un véritable frein à l’évolution au sein du secteur. Ainsi, devenir moniteur d’auto-école nécessite de nombreuses compétences humaines.

Une capacité naturelle à mépriser autrui, à mépriser l’humain en général… à tout détester en fait

Le moniteur d’auto-école doit être capable d’éprouver une haine authentique envers toute personne mettant plus de 0,8 seconde à démarrer à un feu vert.

Cette compétence est essentielle pour maintenir l’élève dans un état de tension constant, indispensable à l’apprentissage moderne.

Les meilleurs professionnels parviennent ainsi à soupirer si fort que l’élève commence à remettre en question :

  • l’obtention de son permis, bien évidemment
  • son intelligence
  • sa légitimité à appartenir à l’espèce humaine.

Une absence totale d’empathie

Le moniteur doit impérativement être capable d’oublier que lui aussi, un jour, a appris à conduire.

Cette égarement cognitif crée une rupture émotionnelle avec l’humanité et est indispensable pour mener à bien l’insigne honneur d’être mono de conduite.

Un bon moniteur considère d’ailleurs naturellement qu’un élève est un être inférieur à lui en tout point. L’élève n’appartient même pas à une forme de vie digne d’être présente sur le bitume s’il n’est pas né en sachant faire un créneau à vue d’œil, dès sa première heure de conduite, sous le regard amusé des badauds qui restent statiques à observer l’élève galérer avec des grands sourires béats de cons de la lune.

De même , l’élève doit déjà posséder instinctivement la maîtrise du point de patinage, même avant d’être monté côté conducteur une fois dans sa vie. Cette connaissance doit déjà couler naturellement dans son sang s’il veut un jour être digne de péricliter dans pires embouteillages des autoroutes du Sud lors d’un été caniculaire.

Fort heureusement de nos jours, afin d’aider les valeureux moniteurs à ne pas sacrifier trop de leur précieux temps à faire leur métier, c’est-à-dire enseigner correctement à conduire, les écoles les plus prestigieuses recommandent d’utiliser des phrases motivantes qui font mouche à coup sûr pour accélérer le processus d’apprentissage de ces sous-merdes d’élèves telles que :

  • Tu stresses pour rien. Ducon.”
  • Bah réfléchis.”
  • Non mais regarde la route aussi. Ah bon tu regardais ? Bah on dirait pas.”

Une excellente condition physique

Les journées sont longues et fatigantes :

  • des heures entières de travail éreintant pour cause de postion le cul assis sur son siège
  • 4 cafés froids avec la femme infidèle du patron
  • 37 “PUTAIN LE CLIGNO” pour défouler sa colère due à la femme du patron qui vous trompe avec le patron, cette salope

Où travaille le moniteur ?

Contrairement à d’autres professions qui bénéficient de beaux locaux, d’outils et de machines de pointe ou bien tout simplement de dignité humaine, le moniteur passe ses journées enfermé dans une Citroën C3 qui sent le tabac froid et l’urine encore humide du précédent élève.

Son habitat naturel se compose essentiellement :

  • d’auto-écoles traditionnelles
  • d’auto-écoles en ligne
  • directement des enfers.

Quel salaire ?

Le salaire débutant avoisine 1 900 € brut mensuels. Une rémunération que les experts du secteur considèrent comme “correcte”. Dans le langage corporate, un salaire correct signifie une paye suffisamment élevée pour empêcher une révolte collective des esclaves, mais exactement assez basse pour faire perdre toute envie de continuer à vivre, et donc, par extension, à enseigner la conduite avec patience et pédagogie. Un revenu trop haut risquerait de rendre les moniteurs trop aimables, trop créatifs, trop rêveurs… un risque bien trop important pour le patronat et, bien heureusement, très vite contenu.

Le salaire représente donc moins une rémunération digne qu’une forme de compensation morale versée à des créatures soumises à l’esprit du malin en personne, ayant troqué leurs âmes pour consacrer leur existence à empêcher Jean-Charlotin, 17 ans, d’obtenir son permis sans raquer des milliers d’euros au préalable tandis que Jean-Nael, insolvable lui, pourra écrabouiller des grands-mères volant en main dès le lendemain de son premier examen du permis car, en cas d’échec, il serait revenu brûler l’école avec ses confrères wallahïdes.

Sans encore le savoir, le « A » à l’arrière de la bagnole de Jean-Charlotin signera des mois de bizutage sur la route où les boomers l’humilieront à coups de klaxons dès qu’il respectera un peu trop les limites de vitesses

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Les évolutions de carrière

Après plusieurs années passées à se faire chier dans les ronds-points de sa ville, le moniteur d’auto-école peut heureusement envisager plusieurs évolutions de carrière.

En effet, comme dans beaucoup de professions françaises, l’évolution consiste à exercer exactement le même métier, mais avec davantage d’aigreur, beaucoup plus de paperasse administrative certes, mais aussi tout de même avec un découvert bancaire un peu plus confortable pour éviter de mourir moins tôt dans le mois.

Ouvrir sa propre auto-école

La voie la plus classique reste l’ouverture de sa propre auto-école. Une progression logique permettant au moniteur expérimenté de ne plus seulement traumatiser des élèves, mais également des employés.

L’ancien salarié devient alors exploitant. Ce qui signifie concrètement qu’il passe ses journées à : parler de “rentabilité horaire”, refuser des dates d’examen et trouver toutes sortes d’excuses pour expliquer à des adolescents fauchés qu’“il leur manque encore un peu d’autonomie”, ce qui est la tournure professionnelle signifiant généralement : “la banque réclame la mensualité du SUV”.

Avec le temps, beaucoup développent cette capacité fascinante à détecter instantanément les élèves financièrement pigeonnables exploitables. Un simple regard suffit désormais pour savoir si Puceau Ier fera :

  • 28 heures ;
  • 46 heures ;
  • ou un crédit Cofidis en ligne sur 84 mois.

Devenir omnipotent : être inspecteur du permis de conduire

Les plus ambitieux et avides de puissance peuvent également devenir inspecteurs du permis de conduire.

Une promotion prestigieuse consistant à quitter le rôle de bourreau pédagogique pour accéder au statut supérieur de juge divin de la mobilité française.

L’inspecteur ne conduit plus. Il observe. Silencieusement. Tapi dans l’ombre des sièges arrière comme une incarnation administrative de la mort. La grande faucheuse toute-puissante que personne ne peut éviter.

Son travail consiste essentiellement à fixer des candidats en prenant des notes incompréhensibles pendant qu’ils vivent le pire moment de leur existence. L’exercice de cette profession est extrêmement jubilatoire. En effet, l’inspecteur possède un pouvoir absolu : celui de détruire six mois d’efforts en 15 minutes si les quotas d’acceptation au permis en ont jugé ainsi.

Car oui jeune candidat, vous pouvez avoir passé un examen irréprochable, si trop de jeunes français ont obtenu leurs permis juste avant vous lors de ce trimestre, vous serez automatiquement recalé. Notre glorieuse administration française estime qu’il s’agit là de la solution la plus juste pour la nation. Ce serait tout de même bien trop dommageable de rendre trop de jeunes concitoyens heureux en même temps, non ? Heureusement que la magie des quotas existe.

Et pour assumer la responsabilité d’une telle machination de sombre fils de pute, l’inspecteur doit avoir des tripes, des burnes bien accrochées. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être une telle merde sans race, il faut le reconnaitre et faire chapeau bas, nous simples humains dotés d’une conscience propre.

Stéphane Édouard (à gauche… quoique) le célèbre expert en relations hommes-femmes est également expert en inspection d’examen du permis de conduire

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Prêt pour être un connard pro ?

Au fond, toute cette enquête nous amène à une vérité aussi simple que dérangeante : non, il n’est pas totalement obligatoire d’être un sacré connard pour devenir moniteur d’auto-école… mais disons que ça aide tout de même bien la carrière, pour l’acceptation de la merde qu’on est en train de devenir et surtout pour la longévité dans le métier.
Car, comme disait mon grand-père, et feu son grand-père avant lui « Boudiou, les laperaux les plus doux f’ront jamais de la bonne viande, gamin » avant d’éclater le crâne de la lapine à coup de bâton dans la nuque pour ensuite la dépecer à mains nues.

Et à l’époque, j’étais encore bien trop naïf, voire même trop con, j’ose le dire, pour comprendre ces précieux enseignements. Je pensais que les gentils gagnaient toujours. Que les bébés lapins les plus mignons auraient le droit de survivre à la ferme pour devenir mes amis, les seuls.

Et dans un monde idéal, le moniteur serait lui aussi un sage bienveillant, un guide patient capable d’accompagner l’élève vers la maîtrise du volant avec douceur et empathie comme la logique la plus pure le voudrait. Mais dans le monde réel, celui où 70% des conducteurs pensent encore que le clignotant est optionnel et où tout le monde doit niquer le plus faible pour remplir les caisses, ce profil ne survit pas plus de trois jours.

La réalité administrative et routière semble donc avoir opéré une sélection naturelle assez claire : les plus tendres s’évaporent, les plus compatissants démissionnent, et seuls restent ceux qui ont développé une forme avancée d’insensibilité émotionnelle, que l’on aime bien appeler la “rigueur pédagogique” pour dormir plus sereinement la nuit tombée dans sa piaule de merde.

C’est peut-être là le véritable secret du métier : il ne transforme pas les gens en connards. Il révèle simplement ceux qui étaient déjà compatibles avec la circulation urbaine. Ceux qui, comme l’a un jour très bien dit notre penseur chauve préféré, étaient déjà « des untermensch capables d’endurer la violence du salariat et des embouteillages » comme si c’était pour eux le pinacle du bien-être dans une vie.


Article rédigé par : Claude