Les vrais amateurs de rap ne s’y trompent pas; un rappeur crédible c’est un rappeur qui a du vécu, qui a grandi à la dure, qui a su mettre la mama à l’abri malgré l’impitoyable loi de la rue.

Le rap qui tranche c’est donc le rap sale, un mouvement qui s’est crée en opposition du « rap de iencli« , réputé trop fragile et indigne de représenter les codes de la rue. Et si il y a bien un rappeur qui incarne l’anti-rap de iencli à a perfection; il s’agit de Nekfeu, le gangster repenti de Paris Sud.

ClodoNews a donc décidé aujourd’hui de faire un zoom sur les différentes étapes de l’enfance difficile du Fennec qui lui ont inspirées ses nombreux textes profondément antisystème.

1. Nekfeu a du voir un psy alors qu’il n’avait que 6 et 16 ans

Cela semble impensable pour toutes les personnes qui ont grandi dans un foyer stable et dans un environnement aisé mais pourtant, Ken Samaras démontre dans la chanson « Mauvaise Graine » qu’il n’a pas eu la chance de tout le monde.

En effet, le malheureux petit Ken a du voir un psy alors qu’il n’était âgé que de six ans. Six ans ! Vous vous rendez compte ? On ne souhaite à aucun enfant d’aller voir un psy, une visite chez le psychologue n’est pas quelque chose de banal, ceci est réservé aux enfants à problèmes.

Nekfeu à son psy lors de sa dépression

2. Nekfeu a un passé de toxicomane

Le titre « Mauvaise Graine » est aussi l’occasion pour le rappeur, résolument dissident, de se confier sur sa consommation de drogue. Lors du 2ème couplet, Nekfeu précise « J’ai fumé trop de shit noir, mais j’suis né pâle » ce qui signifie qu’il a consommé suffisamment de résine de cannabi pour atteindre un état de crise blanche et presque d’évanouissement. On remarque donc un comportement autodestructeur du Fennec durant son enfance. Déçu par la vie, il n’hésitait pas à mettre sa propre existence en danger en fumant du cannabi, un produit extrêmement dangereux.

Dans la chanson « Ma Dope », véritable apologie de la consommation de drogues dures, Nekfeu assume son passé de dealer grossiste à travers la phrase « Qui donc bédave autant qu’oim ? J’ai des kilos d’white widow Widow weed, oh oui, j’ai de la, de la weed, weed d’Hollande, d’Hollande » et « Tu sors de là après deux lattes, cerveau troué comme un donut donut« . Il annonce donc clairement qu’il dirigeait un réseau international de produits récréatifs. Mais le plus choquant reste la nonchalance du rappeur, qui n’a même pas peur de la police en exposant ainsi son passé criminel en chanson. On peut ne pas aimer ses chansons mais on ne peut pas nier que le Fennec a de grosses burnes !

Nekfeu est un homme, un vrai, de là où il vient on a pas peur du cancer

3. Nekfeu a tabassé son ancien collègue Guizmo

Dans la rue les différents se règlent à coups de poings, c’est d’ailleurs Guizmo, ancien ami de Nekfeu, qui a fait les frais du caractère nerveux du rappeur.

L’origine de la dispute ? Nekfeu se serait tapé la sœur de Eff Gee, membre le plus talentueux des rappeurs proches du Fennec, et Guizmo aurait menacé de balancer l’histoire à Eff Gee.

Et si il y a bien quelque chose que l’on n’aime pas dans la street, ce sont les poucaves (ou bien les pookies comme l’on dit chez nous dans la rue). Nekfeu se serait donc occupé personnellement de Guizmo en lui « fracassant le crâne ». Et dieu sait qu’il en faut du courage pour se confronter à Guizmo, ce dernier étant l’archétype du banlieusard bodybuildé sans foi ni loi.

Guizmo est quelqu’un qu’il ne vaut mieux pas énerver comme le démontrent ses tatouages et son airsoft.

4. Nekfeu avait des voitures en bas de chez lui

C’est dans le sulfureux titre « Time B.O.M.B » que Nekfeu nous dévoile l’un des évènement les plus perturbant de son adolescence : les voitures en bas de chez lui.

« J’ai tout eu ma parole : Les voitures en bas d’chez moi mais j’suis toujours là grâce à Dieu« . Dieu merci, Nekfeu est encore parmi nous mais il s’en est fallu de peu que son existence tourne court à cause des voitures en bas de chez lui. Le rappeur ayant grandi dans une zone au trafic routier très élevé, il aurait pu mourir renversé par un chauffard juste en bas de chez lui.

Cette chanson, aussi perturbante que sombre, nous rappelle notre chance de ne pas avoir à vivre avec des voitures en bas de chez nous. Alors la prochaine fois que vous sortez de chez vous, pensez à regarder à gauche puis à droite avant de traverser la rue, un accident est si vite arrivé à cause de ces damnées voitures.

Nekfeu échappant de peu à un accident lors du tournage de l’un de ses clips en bas de chez lui

5. Il y avait des personnes cachées derrière les persiennes de Nekfeu

Dans le puissant « Tempête », Nekfeu narre un quotidien dangereux durant lequel il était constamment sous la pression du regard de ses voisins alors qu’il devait déjà gérer les voitures en bas de chez lui.

En effet, le jeune rappeur dit : « J’aperçois des personnes derrière les persiennes » ce qui signifie que des voyeurs rodaient autour de son appartement, ne lui laissant ainsi aucun moment de répit. On imagine la souffrance que ça a du être.

Nekfeu devait constamment vérifier que personne ne se cache derrière ses rideaux

6. Nekfeu a travaillé à McDonald

Encore une punchline dont les jeunes blancs privilégiés ne pourront saisir la puissance : « Ma vie, tu crois que c’était marrant ? J’ai taffé des années au McDo quand tu grattais tes parents« . C’est dans le titre « 30 Septembre » que Ken Samaras évoque sa jeunesse difficile ou il du vivre de petits boulots tels que apprenti maître fritier chez McDonald.

Alors que tous les autres jeunes de son âge vivaient de l’argent de poche de papa et maman et ne faisaient rien de leur journée, le pauvre petit Ken, lui, a du faire l’esclave chez McDonald pour un salaire de misère. Vous vous rendez compte, c’est pas une vie ça… On se demande encore de nos jours comment Nekfeu a pu se reconstruire après une telle épreuve.

Nekfeu puise dans ses mésaventures au McDonald pour décrire la dure vie de la street

En conclusion, Nekfeu est un rappeur qui a du vécu et qui transpire la violence de la street. Si certains perçoivent l’artiste comme un mauvais exemple pour la jeunesse à cause de ses textes virulents, nous pensons qu’il est au contraire un symbole de réussite malgré l’adversité. La vécu de Nekfeu devrait tous nous faire relativiser et réfléchir sur nos propres privilèges et notre chance de ne pas avoir connu la streetzer.

Auteur de l’article : Lil Maurice