Comment gagner le cross du collège ?

3500 morts par an. Ce sont les chiffres du ministère de l’éducation qui ne feront jamais la une de nos concurrents, les journaux traditionnels à la solde de l’état, pour des raisons politiques évidentes. Mais pourtant : notre jeunesse se meurt à l’école et la statistique fait froid dans le dos.

C’est une tradition bien française : Chaque année, des milliers de collégiens enfilent les chaussures de course lors de la tristement célèbre épreuve du cross du collège. Beaucoup d’appelés (notamment car la course est obligatoire en fait) mais peu d’élus. C’est ainsi que, des étoiles dans les yeux, nombreux sont les élèves qui foulent les terrains abrupts et boueux des cross des collèges en pensant décrocher la victoire au bout de la course et ainsi se couvrir de gloire, de succès médiatique et surtout de femmes .

Mais sur les centaines de participants présents sur la ligne de départ, seuls 17% d’entre eux franchiront la ligne d’arrivée sains et saufs alors que le reste périra de manière relativement atroce, douloureuse et dans l’indifférence la plus totale du corps enseignant en poussant son dernier souffle seul comme une merde dans un coin de foret ou derrière un buisson perdu, victime du froid ou d’un arrêt cardiaque.

Nous ClodoNews, journal qui défend le peuple, souhaitons sauver notre jeunesse d’un péril certain. Alors certes nous ne pouvons pas militer pour la disparition de l’épreuve du cross car le lobby de l’éducation nationale est bien trop puissant. Ils nous tiennent par les couilles. L’autre jour, la voiture de notre rédac chef s’est faite mitrailler sur le parking du journal, au sol il y avait des douilles gravées de deux curieuses initiales : G.A. G.A pour Gabriel Attal ? La coïncidence serait bien trop fortuite connaissant les méthodes peu orthodoxes du ministre qui règne par la terreur depuis son intronisation. Alors comme on est courageux mais qu’on a pas envie de crever pour des prépubères non plus, nous nous contenterons de vous livrer un véritable guide de survie au cross des collèges dans cet article. Nous serons même aidés dans l’exercice par le seul et unique Séraphin St Jacôme, le vainqueur et survivant du tout premier cross des collèges qui s’est tenu en 1921 qui, toujours en pleine possession de ses capacités mentales selon ce qu’il nous a dit, saura apporter son regard avisé pour vous aider à non seulement survivre au cross mais surtout à le gagner car au final c’est ça le plus important.

gagner au cross du collège

Pour diminuer encore plus les chances de survie, certains collèges obligent les coureurs au port du masque

Comment gagner le cross du collège sans mourir ?

I) La préparation physique

La plupart des participants au cross meurent à cause de leur déficit d’endurance (75% des décès) ce qui est regrettable car il s’agit là de morts tout à fait évitables avec une bonne préparation physique. Perso moi, en tant que coach sportif autodiagnostiqué (en fait j’ai pas vraiment mon diplôme encore mais je fais un peu de squash et je suis abonné à TiboInShape) je recommande de partir sur une semaine avec 4 entraînements dont 2 sessions de VMA et surtout une lourde séance de PPG. N’hésitez pas à prendre des compléments alimentaires pour optimis…

– Roh mais c’est quoi ces conneries gamin ? Tu crois qu’on avait tous ces trucs de mon temps ? On s’en sortait très bien à l’ancienne : fallait juste pas ouvrir son caquet et se contenter de courir. Voilà tout ce dont les jeunes ont besoin.

-AAAAH MAIS BORDEL CETTE ODEUR DE ? DE FROMAGE ? Mais vous êtes qui vous ? Pourquoi il y a un SDF dans ma rédac ? Sécurité !

-Bah c’est Séraphin mon ptiot. C’est vous qui m’avez appelé pour l’article. Moi ça me fait plaisir d’aider et en plus c’est mon seul moyen de sortir de la maison de retraite sans être obligé de prendre les pilules bizarres AHIIIII.

– Ah oui c’est vrai j’avais oublié ce truc là. Ca faisait longtemps que vous étiez terré dans l’obscurité de mon bureau comme ça ? Enfin bref oubliez je veux pas savoir. Bon asseyez vous là. Euh non attends, sur la chaise là-bas au bout ça vous va monsieur ? Vous savez on a des douches dans les locaux si vous vou…

-Pas le temps on a du pain sur la planche gamin. J’ai emmené mes mémoires et je vais me faire un plaisir de vous réciter tous mes exploits durant le cross 1921. Après on pourra s’attarder en profondeur sur la séquence 39-45 et parler de la fois où j’ai tué Hitler ou quand j’ai marché sur la lune avec Hergé. Ah Hergé tu me manques mon salaud…

– Ca va monsieur ? Pourquoi vous faites une tête de flashback du Vietnam dans les films là ?

-NON NE TIRE PAR SUR LE LEVIER FRANK WOLFF TES RESERVES D’OXIGENE SONT INSUFISANTES. ON VA TOUS RENTRER A MOULINSART TU M’ENTENDS ? TU REVERRAS TES GOSSES FRANK

-??

-AHI désolé ça m’arrive parfois. Allez tiens ouvre moi ça chapitre 28 garçon !

-Mais je rêve où c’est une trace de merde sur la page là ?

-T’occupes gamin, alors où j’en étais… Ah oui voilà page 1357 : la préparation :

La préparation

6h45 du matin. Encore un lever aux aurores sous les coups du père. « Tu seras champion départemental du cross des collèges que tu le veuilles ou non. Alors cours maintenant. Tu as 7 frères et sœurs à nourrir« . Je parvins difficilement à éviter les coups de tromblon de mon gros baiseur de père en courant comme un dératé. Il visait les jambes pour me faire peur. C’était son dialogue. C’était sa façon d’aimer et de montrer toutes les ambitions qu’il avait placé en moi, à la dure comme feu son père avant lui. Qui sait, si je n’avais pas pris du plomb dans les pattes pendant toute ma jeunesse, je n’aurais paradoxalement peut-être jamais gagné le moindre titre.

— Séraphin

-De quoi ? Mais c’est complétement délirant, vous êtes en train de me dire que votre propre père vous tirait dessus en guise de préparation physique ? Oh Séra faut pas nous prendre pour des prunes non plus.

-C’était comme ça dans toutes les campagnes de France mon ptit. Et ça mouftait pas et la maman non plus, paix à son âme d’ailleurs. Je vais te donner un conseil d’ancien : les petits faut les faire courir comme des lapins de garenne dès qu’ils sortent du berceau sinon ils perdent leur vivacité. T’as des chiards toi ?

-Des gosses vous dîtes ? Mais non voyons… je suis journaliste ! J’ai donc réalisé une vasectomie

-Une quoi ? Plaît-il ? Parlez plus fort madame c’est un peu bouché là-haut AHI

-Madame ? Euh je… Une vasectomie c’est une opération qui… M’enfin bref, enchainons.

2) La course

N’oubliez pas que vous êtes là pour vous amuser avant tout ! Il est important d’entamer sa course dans le respect de ses adversaires. L’enjeu étant potentiellement mortel, mieux vaut se lier d’amitié avec les autres participants. Tout seul on va plus vite, à plusieurs on va plus loin ! Une fois lancé, trouvez votre rythme dans le groupe et profitez du soutien du peloton, avec le pouvoir de l’amour vous vous transcend…

-Alors là NON. Je me permet d’intervenir parce que tu vas faire de mes tueurs de vraies mauviettes en leur parlant comme une chiffe molle. Pédéraste ! Laisse-moi te narrer le jour où j’ai écrasé la concurrence pour me hisser au sommet. De notre temps on se battait comme des morts de faim :

La course

Je me rappelle du froid. Ce maudit crachin, typique de la fin de l’ère glaciaire, faisait la joie des enseignants qui se délectaient de nous voir souffrir sous la pluie. Conscients que les récoltes furent mauvaises, ils rirent de concert en voyant les élèves les plus pauvres se nourrir de terre glaise dans l’espoir de prendre quelques forces avant le départ du troupeau vers une issue incertaine.

Je regarda mon ami Fulbert dans les yeux. C’était peut-être la dernière fois que nos regards se croiseraient. La boule au ventre mais les visages fiers, nous nous lançâmes un ultime clin d’œil de bonne fortune, une manière de se dire « On se reverra mon pote, dans cette vie ou dans l’au delà ».

Il était l’heure. Dans la forêt adjacente au collège, un petit agroupement de parents d’élèves vinrent nous encourager. Je n’aperçus point mon père cependant, j’appris plus tard qu’il se trouvait au bordel du village à ce moment là et obtint la chtouille qui l’emporta quelques mois plus tard.

Le proviseur nous lâcha en pleine nature. Je savais que je ne reverrai plus la majeure partie de mes camarades. La première salve fut la plus meurtrière. En moins d’un Km, la moitié des élèves avaient été emportés par le froid et par les problèmes cardiaques. Certains tombaient au sol et se faisaient piétiner dans l’indifférence la plus totale. Nous ne pouvions nous arrêter pour les aider : la victoire était en jeu. Je me rappelle encore de Léonce, ah Léonce… Tendre Léonce, la fille du charcutier qui fut mon premier amour. Aujourd’hui encore je ressasse les images de ce funeste jour où je dus enjamber son généreux postérieur pour franchir la ligne d’arrivée en premier. Ce jour là je perdis une amie, mais je gagnai un trophée départemental.

-Non mais là c’est du pur délire. Je sais que les boomers aiment en rajouter mais franchement Séraphin. Qui va croire à vos salades ? Non ça va pas se vendre ça. Même Drucker il va faire un AVC en lisant vos conneries. Ecoutez, moi je suis jeune et dynamique, je peux vous refaire tout le marketing et l’édition de votre bouquin et je deviens… Nous devenons riches ensemble jusqu’à ce que je reprenne les droits de succession de notre œuvre suite à votre mort, genre d’ici un an ou deux à vue de nez vous pensez ?

-Tu es le fils que je n’ai jamais eu Freddy Les Bons Tuyaux de ClodoNews

-Ah ? Ok cool. Abrège

-Oui je ferai de toi mon héritier. Mais à une condition…

-Tout ce que vous voulez pas de soucis ! Café ? Pipe ? Scoobyscuit ? Attendez que j’appelle Conchita je la fais monter à mon bureau tout de suite…

-Tu dois prouver ta valeur face aux gamins du quartier dans un cross de collège de rue (Zone d’éducation prioritaire). Croche pattes, coups de couteau… Tous les coups sont permis. Ce ne sera pas un jeu d’enfants, tu seras en compétition avec les jeunes garçons de nos colonies algérienne et congolaise. Attention à toi, c’est qu’il courent très vite ces diables de négroïd…

-OULAH OULAH… Qu’est ce que tu n’as pas dis là ? Bon allez merci Séra mais ça surchauffe là. Allez une petite citation de vos mémoires pour conclure l’article puis je vous raccompagne dehors avec les monsieurs en blanc.

Une vie de gloire, un empire à léguer

Putes, faveurs des allemands, accointances avec la French Connection dans les années 70… La fast life et la gloire de mon titre départemental puis UNSS m’ont apporté bien plus que ce que tout homme peut espérer dans sa vie.

Si vous désirez fouler mes pas et gagner votre cross vous aussi alors je n’aurais que quelques rares, mais importants, conseils à vous transmettre :

– Les amis ne comptent pas une fois en course

-Tu es lent ? Alors sois rapide.

Si avec ça vous ne gagnez pas alors je pense que vous méritez effectivement votre place parmi les merdes et les morts pendant que moi et mes kheys on part sur la lune.

— Séraphin

Article rédigé par : Freddy les bons tuyaux