Enorme rebondissement sur la scène du petit écran français ! Pour la première fois de son existence, le talk-show Quotidien présenté par l’inénarrable chevalier de la morale éco+, j’ai nommé le saint Yann Barthes, s’est déroulé durant toute une soirée sans la moindre mention des élections américaines ni le moindre bourrage de crane à coup de termes anglais grossièrement martelés tels que la toxic masculinity ou le… manspreading (???)… Thèmes qui constituaient pourtant 99% du contenu proposé par l’émission et qui revenaient de manière récurrente, si ce n’est permanente, dans la bouche des chroniqueurs du talk-show.

Ce soudain écart dans une ligne éditoriale pourtant fermement ancrée représente un véritable choc pour les fidèles de l’émission, qui avaient appris à débrancher leurs cerveaux depuis 2016 (date de création du programme) en se laissant biberonner à coup d’importation de concept américains foireux, de progressisme légèrement déviant, de journalisme indigne de ce nom et de sketchs tout bonnement inqualifiables

Chroniqueur de Quotidien arborant son CV

« C’est comme si d’un coup, on avait arrêté d’être des suppôts du capitalisme pour se mettre à produire une émission de qualité »

Interrogé sur ce récent revirement, Yann Barthes, qui est encore lui-même sous le choc de sa performance, confesse avoir voulu au départ rester dans sa zone de confort : « Excusez-moi, je n’en reviens toujours pas, c’était tellement amazing quoi hehe. Pendant toute l’émission j’ai gouté à une transcendance indescriptible. Je n’avais qu’une seule envie c’était de déblatérer les mêmes inepties convenues et bien-pensantes afin de créer le débat entre mes téléspectateurs bobos naïfs et les autres, les ptits fachos, comme on les appelle avec mes amis racisé.ee.nt.s sur le plateau, qui se jettent goulument sur les polémiques que notre émission crée de toutes pièces hihi. C’est une formule qui marche depuis des années grâce à la débilité de notre public, pourquoi la changer ? » avant d’expliquer ensuite son étonnant regain d’honnête intellectuelle et d’éthique professionnelle : « Mais c’était plus fort que moi, ce soir là, je n’arrivais pas à répéter les mêmes conneries que d’habitude. Mas- Mascu- Mascunili toxi… Les termes foireux n’arrivaient plus à sortir de ma bouche. Et aussi incroyable que cela puisse paraitre, j’ai passé toute l’émission sans même critiquer Trump ! Oui oui je vous jure, j’ai même pas une seul fois parlé du système communautariste américain que je rêve d’importer en France, je n’ai pas non plus parlé de féminisme ni de décolonisation. D’ailleurs j’ai même pas une seule fois parlé de Jean-Marie Le Pen, alors que d’habitude c’est trop rigolo parce qu’il est sénile et malade donc il va bientôt mourir ahah !« .

Et pour une fois, Yann Barthes ne ment pas ! Ne pouvant plus parler de ses thématiques habituelles, l’animateur est donc resté silencieux durant toute l’émission, évitant ainsi des sujets de la plus grande importance qu’il aime d’habitude débattre tels que la couleur de la culotte de Rihanna à la dernière fashion week ou bien le dernier gadget inutile et remplaçable d’une quelconque firme américaine dont il faut faire la pub. « On pensait que le public n’aimerait pas notre nouvelle formule, genre rester silencieux pendant 1h30 on pensait que ça les ferait chier mais en fait pas du tout ! Le courrier des téléspectateurs est formel : ils trouvent l’émission bien meilleure que d’habitude quand on ferme notre gueule ! » se confie Yann Barthes, non sans fierté d’avoir réussi à se libérer de sa condition d’esclave du capitalisme culturel, de vulgaire panneau publicitaire pour les délires américains en somme… « Et si c’était ça au final… être de gauche ? Arrêter de faire la pub pour des grandes marques, pour Hollywood et pour des lobbys LGBTQRCODE+ qui sous couvert d’une image progressiste, ne cherchent qu’a refourguer leur camelote et obtenir des subventions auprès de consommateurs naïfs prêts à manger la première merde qu’on leur jette entre les dents ? Pourquoi n’y avais je pas pensé plus tôt hihi ?« .

Un exercice de déconstruction qui s’est tout de même révélé périlleux pour le présentateur fraichement métamorphosé. En effet, ce dernier, au bord de la syncope du fait ne pas avoir pu inviter la moindre personne transgenre sur son plateau pour montrer ô combien les dysphories de genre c’est trop trendy, a fini l’émission sous assistance respiratoire.

« Quotidien va changer, je vais virer tous ces pantins qui me servent de chroniqueurs »

Quotidien serait-t-il donc en passe devenir la première (et la seule ?) émission du PAF libérée de toute la chouinerie bien-pensante et de l’hypocrisie mielleuse habituellement inhérente à tout média populaire digne de ce nom ?

« On est sur la bonne voie, on a décidé qu’on arrêterait d’être les pantins d’un public qui nous tient par les couilles en faisant mine de nous soutenir alors qu’ils seraient les premiers à appeler à notre boycott, voire notre décapitation pure et simple, si on avait ne serait-ce que par mégarde osé mégenrer un invité. » confie Yann Barthes avant de poursuivre : « Je vais d’ailleurs procéder à une épuration au sein de mon équipe : Déjà, on va évincer l’autre follasse à la chevelure douteuse qui est incapable de se retenir de parler de sexe pendant plus de 2 secondes. Et puis Laura Felpin aussi là, c’est sûrement la femme la moins drôle que j’ai pu voir dans toute ma carrière, et pourtant j’en ai vu des nazes sur mon plateau hein, mais elle me fout le démon c’est juste scientifiquement impossible d’incarner la néant humoristique avec tant de maestria. Sa chronique est d’ailleurs le moment que je redoute le plus parce que je sais à chaque fois que je devrais me forcer à sourire pour atténuer le silence plombant qui accompagne ses prestations alors que dans ma tête je ne pense qu’à une chose; c’est que la saison finisse vite afin que je puisse virer cette parvenue sans talent pour la remplacer par quelqu’un d’un peu moins pété… Enfin si j’arrive à trouver un bon humoriste un jour parce que la rousse du Studio Bagel là… elle est froutrement malaisante elle aussi, pourquoi j’ai que des tocards bordel ?« .

Quotidien joue la carte de la représentation des personnes à handicap avec Laura Felpin

Concernant le sort de la chroniqueuse Salhia Brakhlia, qui, on va pas se mentir, est franchement très désagréable à écouter et encore plus à regarder, Yann Barthes est moins catégorique : « Bah pour Salhia, je serai moins méchant avec elle parce que vous savez, c’est pas facile de faire de la télé après un AVC qui paralyse la moitié de votre visage et laisse une grimace indélébile sur votre faciès, j’admire son abnégation. Bon pour ses idées fumeuses on pourra rien faire par contre, le cortex cérébral est déjà atteint. En revanche, la garder dans l’équipe est vital car, sans elle, nous ne pourrions plus donner de leçons de morale à tous les autres programmes TV en pointant leur manque d’inclusivité dans leurs choix de chroniqueurs alors que nous-mêmes nous n’avions personne à part des bobos parisiens pistonnés par papa maman. Salhia sera ma caution racisée pour les années futures afin d’éviter les jugements du tribunal d’experts chômeurs de Twitter.« 

L’émission semble donc promise à un meilleur futur en troquant ses contenus putaclic et vides d’intérêt pour proposer à l’avenir un format de débat, ou la liberté d’expression et l’esprit critique seront les maîtres-mots. Yann Barthes le confirme : « On va inviter le microphoniste Pascal Praud mais aussi Eric Zemmour de manière régulière et on les opposera à des clones sorti tout droits de l’usine France Inter, ce sera un bordel sans nom sur le plateau, y’aura des clash et Alain Soral viendra même distribuer des bourre pif quand il sera à court d’arguments. On agrémente le tout avec des coupures pubs incessantes et ça va cartonner bordel ! Alors les moutons ? Vous kiffez la nouvelle merde qui vous servira de divertissement ? C’est meilleur que Hanouna hein pas vrai ?« 

Article rédigé par : Ego Clément