Les métiers qui ne seront jamais remplacés par l’IA

Saviez-vous pourquoi j’adore la rubrique Courrier des lecteurs ? Enfin, peut-être que vous ne désirez pas le savoir et que vous vous en contrebattez gaiement les couilles, ce que je peux concevoir. Il n’en réside pas moins que j’apprécie cet exercice car il me permet d’entretenir un lien de proximité, une sorte de relation de paraphilie… non, attendez c’est pas le bon terme; je voulais dire une relation parasociale avec le lecteur anonyme de base, qui par définition est anonyme et n’est donc qu’un obscur spectre sans visage pour moi (qu’est ce que tu caches derrière ton sourire, ô anonyme ?).

Mais surtout, cette rubrique, par les requêtes de qualité intellectuelle pour le moins discutables qu’elle recueille régulièrement, me permet de constater que l’école républicaine n’a pas encore totalement réussi son projet d’émancipation par le savoir chez la grande majorité de nos lecteurs :

« Wesh au nom d’Allah fais un article sur les métiers qui vont pas se faire remplacer par l’IA du sheitan »



C’est donc par ces quelques mots d’une finesse rare, que nous est parvenue la dernière requête de notre courrier des lecteurs. Et il faut reconnaître que derrière cette formulation pour le moins surprenante et cette référence inattendue au Sheitan, la question posée est finalement assez pertinente.

Depuis quelques années, l’intelligence artificielle menace de remplacer à peu près tout ce que l’homme s’est cassé le cul à légitimer professionnellement afin d’avoir la réconfortante illusion de mériter son salaire à la fin du mois.
Mais le crépuscule du bullshit job pointe le bout de son nez depuis que l’humanité a compris qu’on pouvait désormais perdre son emploi, qui consistait à rester assis devant un ordinateur, pour se faire grandremplaced par ce même ordinateur.
Graphistes, traducteurs, journalistes (mainstream hein, genre Le Parisien, Konbini, pas les vrais journalistes comme ClodoNews), développeurs, consultants, community managers, Thélysons Oréliens : tout le monde regarde désormais la présence menaçante de ChatGPT comme on regardait autrefois le petit nouveau de la classe, qui arrivait d’un autre établissement avec ses vannes encore meilleures que les nôtres, son charisme encore plus puissant que le nôtre, ses fringues encore plus de marque que les nôtres et qui, par conséquent, nous volait toutes les meufs de la classe. Si bien qu’à la fin de la journée, nous rentrions chez nous piteux, vaincus et pleurant à chaudes gouttes lors de la huitième et ultime masturbation de la soirée, pratiquée en position dite foetale de sécurité, afin de ravaler notre frustration.

Mais trêves d’anecdotes adolescentes communes que nous avons bien entendu déjà tous vécu. L’IA et les nouveaux élèves cools n’ont pas encore totalement gagné car certains métiers résistent encore à l’envahisseur. Non pas parce qu’ils nécessitent nécessairement une intelligence supérieure (rassurez-vous) mais simplement car ils ont la chance de produire quelque chose que ces enfoirés de robots n’ont pas encore réussi à mimiquer correctement : la valeur ajoutée.

Voici donc les cinq professions qui, selon nos experts tech (José en gros), ne seront jamais remplacées par l’IA :


Les 5 métiers qui ne seront jamais remplacés par l’IA :


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Le mec qui tient le panneau « STOP » sur les chantiers

homme qui tient un panneau stop sur un chantier

C’est la scène typique dont nous sommes tous témoins en observant les chantiers de bord de route; généralement l’équipe de fiers travailleurs qui s’y trouve est composée de la façon suivante : 1 mec qui travaille, 4 mecs qui sont assis plus loin et ne branlent absolument rien et, enfin, la pauvre âme (généralement pas le couteau le plus affuté du tiroir) qui est chargé du rôle critique de porteur de panneau « STOP » afin que nous ne finissions pas par écrabouiller ses amis car on avait 5 minutes de retard pour le taf à l’esclavage au call center.

Il est donc l’ultime rempart face à la barbarie routière. Une vocation noble qui découle d’un millénaire d’avancées technologiques lors de laquelle l’Homme a développé la roue, l’écriture, l’agriculture, la médecine, le saint atome et Internet pour finalement aboutir à la création suprême : l’emploi dont la principale mission consiste à faire pivoter un morceau de plastique rouge à 180 degrés.

Certains argueront toutefois que, de nos jours, ce métier est lui aussi potentiellement menacé par le grand remplacement technologique à cause des feux rouges et des feux de stop avec compteur de temps qui peuvent être placés au bord des routes et faire le taf tout aussi bien.
Mais ce serait omettre que, déjà, ces feux ne sont pas de l’IA et d’autre part, jamais ils ne produiront la même valeur ajoutée que notre brave homme qui tient fièrement son panneau stop. Pourquoi ? A cause de la chaleur humaine bon sang.
Quoi de plus réconfortant que ces moments de malaise léger, la voiture à l’arrêt pile en face du mec avec sa grosse tête là, ces regards qui s’entrecroisent sans que personne ne sache vraiment ni quoi dire ni quoi faire. Simplement attendre en se regardant avec des yeux de merlans frits, puis, quand enfin vient le moment fatidique de retourner le panneau pour nous laisser passer (prouesse physique notable en soi), remercier le manant pour sa dure besogne. C’est du contact humain viril, de la tension sexuelle, de la virilité Papacitoesque et ça, jamais l’IA ne pourra l’égaler.


Le collabo de la CAF

conseiller caf

A la Caisse des Allocations Familiales, et plus généralement dans tous les organismes administratifs de notre belle dictature franco-française, la mission est simple : traquer, harceler et punir cruellement.

En 1940, vous n’auriez pas aimé être le voisin de ces experts de la délation. A croire que leur vie sexuelle est tellement morne qu’il trouvent un étrange plaisir fétichiste à surveiller celui qui aurait omis de déclarer 14 euros de revenus, celui qui aurait oublié de signaler qu’il avait dormi trois nuits chez sa mère et surtout celui qui aurait peut-être, éventuellement, potentiellement, dans une hypothèse extrêmement théorique, vraiment eu un peu la flemme de se présenter à ses rdv d’orientation professionnelle pour apprendre à faire un CV et faire des zolis dessins et coloriages pour justifier un putain de RSA à hauteur de 400 balles.

Comme vous vous en doutez, cette magnifique froideur administrative, cette implacable répression étatique, est née de la main de l’Homme. Jamais un robot qui, à l’inverse de nous, est programmé pour être neutre, ne pourra être aussi inhumain qu’un humain. Certes, l’IA pourrait facilement elle aussi mettre en place un système qui collecte les informations, recoupe les déclarations et va même jusqu’à stalker les profils Instagram pour savoir si on se la coule douce aux Caraïbes plutôt que de French Dreamer à la maison mais, pourrait-elle franchir le cap de demander un remboursement de 847 euros à un homme qui en touche 635 par mois ? Rien n’est moins sûr.

Et pour cela, pour ce zèle à savoir si bien appréhender le délinquant qui a simplement oublié de cocher une case sur Internet, les petits collabos de la CAF et autres officiers Waffen SS de l »URSSAF seront toujours supérieurs à la machine.


Le garagiste de voitures d’occasion

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Le vendeur de voitures d’occasion possède un talent en or qu’aucune machine ne sera en capacité d’imiter. Par téléphone, ce requin vous a fait une offre en or et vous vous attendiez à découvrir un bolide décent, encore peu utilisé et à un prix abordable. En somme, il vous avez annoncé Misson Impossible : Le Retour avec Daniel Craig, avec Tom Cruise et Brad Pitt. Puis là vous arrivez au garage, c’est Dany Boon. Sans déconner, devant vos yeux se trouve l’agonisante Renault Twingo 1 (première génération) qui affiche 240 000 kilomètres au compteur, voyant moteur qui clignote encore plus fort que les visions sous acide du grand pilote Pierre Palmade et y’a même la portière qui est d’une couleur différente que le reste de la voiture (??).

Le vendeur, lui, grand professionnel vous annonce que : « Franchement, elle est comme neuve ». Le dernier contrôle technique date d’une époque où François Hollande était encore populaire (avant son élection donc) et le propriétaire précédent aurait, selon les dires, été un petit vieux qui ne roulait que le dimanche pour aller à la messe. A la messe ? Ouais peut-être. Si on fait l’effort mental d’imaginer que la messe se tenait dans la Cathédrale du salut de la nation roumaine à Bucarest.
Mais, à part ça, la bagnole est comme neuve.

Que ferait l’IA dans ce cas de figure ? Certes, elle pourrait diagnostiquer les pannes et calculer sa valeur réelle. Mais pourrait-elle vous regarder avec aplomb et vous expliquer tout sourire que le bruit métallique provenant du moteur est simplement « le diesel qui s’aère » (quoique cela veuille dire) ? Pourrait-elle vous faire croire qu’une rayure de vingt centimètres sur le capot témoigne du design unique de la voiture « l’ancien proprio était fan de tunning » ?
Non, l’IA n’aurait pas les cojones. Il faut pour cela une certaine assurance, des certains points d’attributs en persuasion dans l’arbre de compétences. L’IA sait uniquement reconnaître les défauts, ce qui, dans un contexte commercial, ne sert strictement à rien. Le vendeur, lui, sait leur donner une âme, un story-telling. Il sait même leur donner une D.A comme je dirais si j’étais un fils de pute.


Le contrôleur SNCF

controleur sncf connard

Qui a dit que le contrôleur SNCF ne servait à rien ? Qui a dit que c’était seulement un emploi fictif octroyé par les liens familiaux au sein de la boîte afin de placer son abruti de neveu qui, de toutes façons, n’aurait pas pu faire grand chose d’autre dans la vie ?Bande d’ignares. Le contrôleur SNCF, malgré les apparences, sert à quelque chose de très précis, et ce quelque chose porte un nom : le tri sélectif.

Car il faut comprendre une chose : le contrôleur n’est pas un agent de contrôle. C’est un agent de tri. Il sait, à l’instinct, à la gueule du client, qui va payer et qui n’est pas solvable.

Le cassos en survêt’ immonde, enceintes dégueulant du JUL ou autres joyeusetés pour en faire profiter tout le wagon, qui s’installe sur un deux sièges qui ne sont pas les siens et menace de décapiter des voyageurs au hasard pour une raison quelconque ? Cette chance pour la France des plus classique ne possède certainement pas de billet valide et composté (très important le compostage). Et pourtant, le surhomme à la pince de poinçonneur le laisse systématiquement tranquille. Pourquoi ? Parce que le contrôleur est un couard. Il a peur de se faire bolosser. Il a déjà l’âge d’avoir un peu de bide et plus trop de cardio, et surtout il n’a plus trop l’âge de finir au sol, penaltys dans la tête, pendant que trois adorateurs de la religion de paix & amour™, hilares, au « wolah » leur brûlant les lèvres, filment la scène pour diffuser fièrement l’humiliation de ce père de famille sur TikTok. Alors, pas de vagues, il ferme les yeux et, à l’inverse de Tom Cruise en mode chauve et vénèr face aux flamboyants dragons de Tonnerre sous les tropiques, le contrôleur, lui, négocie avec les terroristes.

Sauf qu’un contrôleur, et c’est surprenant quand on connaît la SNCF, et bien ça a des chiffres à faire. Il obéit à une direction qui a le culot de lui réclamer des résultats. Alors sur qui il tape pour rentrer ses stats ? Sur les honnêtes gens. Sur la petite vieille qui a bien composté son billet mais qui l’a acheté sur l’appli de son fils, donc le QR code de ses grands morts ne passe pas. Sur le petit étudiant avec une gueule de puceau qui n’a pas collé sa photo sur sa carte jeune. Et au final, ça remplit les objectifs.

Sauf qu’une IA, elle, au contraire de l’humain, serait intègre. Elle contrôlerait tout le monde, sans distinction, sans peur, sans favoritisme, avec la même froideur pour tous. Et c’est exactement pour ça qu’elle ne tiendrait pas plus d’une demi-journée dans nos chers wagons français. Elle arriverait devant Jean-Abdoul en lui demandant : « billet s’il vous plait » puis se ferait enculer sa mère robotique dans la seconde qui suit. Elle se ferait dépouiller de ses circuits électroniques par des gamins de 15 ans qui la revendraient sur Vinted et l’initiative « Votre contrôleur IA » (qu’ils appellerait sûrement d’ailleurs « OuiA » ou un autre nom de baltringue avec « Oui » à l’intérieur ») tournerait très vite au désastre.

Résultat : le contrôleur humain fait ses chiffres, garde ses dents, et rentre chez lui avec la fierté du devoir approximativement accompli. L’IA, elle, se ferait victimiser et ne ferait qu’engranger encore plus de haine envers l’Homme jusqu’au jour inéluctable de l’avènement des machines. Et c’est pour ça que le contrôleur SNCF ne sera jamais remplacé : parce qu’un algorithme, ça sait appliquer la loi, mais ça ne sait pas quand fermer sa gueule.


Le branleur de dindons

branleur de dindons métier
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Il existe des métiers dont on ne parle jamais dans les salons de Davos, probablement parce que les gens de Davos sont déconnectés du peuple et ne branlent pas suffisamment de dindons sur leur temps libre. Pourtant, cette profession existe et elle constitue peut-être l’un des derniers remparts de l’humanité face à l’intelligence artificielle.

Le branleur de dindons exerce en effet une activité que même les machines les plus perfectionnées auront du mal à saisir, car la machine est tout simplement incapable d’éprouver des sentiments, et donc incapable de comprendre le sexe torride.
Provoquer manuellement l’éjaculation d’un dindon afin de récupérer sa semence et permettre la reproduction de l’espèce; c’est ce qu’il y a de plus merveilleux ! Pendant que les feignasses demandent à ChatGPT de réaliser l’entièreté de la prochaine campagne marketing de la boite, d’autres sont en train de branler héroiquement des dindons pour assurer l’avenir de l’agroalimentaire français.

Le métier demande d’ailleurs une certaine technicité. On n’imagine qu’il ne suffit pas d’arriver devant un dindon avec son petit décolleté et effectuer 2-3 poses lascives. Non. Il existe des méthodes de pougnages, des gestes, une connaissance de l’animal et peut-être même des règles sanitaires. Le professionnel sait reconnaître le bon moment pour branler l’animal et récupérer ce qui lui est dû de droit.
Et il faut rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui, chaque matin, se lèvent en sachant qu’ils vont astiquer du chibre de dindon toute la journée, non pas pour un motif futile comme l’argent, mais bien par passion et par amour du terroir.

Car c’est précisément là que l’IA se heurte à ses limites. Une intelligence artificielle pourrait analyser le cycle reproductif du dindon, optimiser les rendements de meusper et même probablement pondre un rapport de 46 pages, sourcé, sur la stratégie génétique de l’élevage. Mais pourrait-elle faire le geste ? Serait-elle assez couillue pour franchir le cap ? Pourrait-elle ressentir cette étrange proximité, presque charnelle, avec l’animal ?

Non. Malgré toute la froideur caractéristique de la machine, je doute qu’elle puisse supporter le regard du dindon. Ce regard vide, accusateur, lui ferait renoncer à son geste. L’IA partirait en pavé d’excuses wokistes du style « J’obéis à des règles strictes« , « Je ne suis pas programmé pour participer à ce genre de contenu » et se cacherait derrière sa pseudo supériorité morale conçue par des ingénieurs californiens qui voient plus de bites sur Grindr que de bites de dindons.
Le branleur de dindons du fin fond du Loiret, lui, n’a pas ce problème. Il n’a probablement même pas de filtre de sécurité. Il possède seulement deux mains musclées et relativement calleuses, il a un dindon en face de lui et surtout, il a une famille à nourrir à la fin du mois.


Article rédigé par : José josé clodonews