La question divise les kheys au quartier depuis des décennies. Dans les PMU, dans les préaux et même dans les files d’attente de la CAF, il y aura toujours une lourde kaira, amateur de BD Franco-Suisso-Belge à ses heures perdues, pour dire :
“Wallah Titeuf il fume Cédric en deux secondes.”

Pendant qu’un autre renchérit :
“T’es ouf ou quoi ? Cédric il a un SKATE, c’est une arme blanche de catégorie D ça.”

Aujourd’hui, il est enfin temps qu’un organisme de presse sérieux, et ayant déjà démontré son expertise sur le thème de la bagarre de rue, pose les bases et élucide ce débat qui n’a que trop duré : qui encule qui en bagarre entre Titeuf et Cédric ?
Titeuf VS Cédric :
Sur le plan purement physique :
Titeuf, le frérot à la coupe banane jaune fluo, c’est un peu la petite terreur des écoles primaires : petit, psychologiquement incontrôlable et toujours chaud pour se battre. Alors certes, il est taillé comme un cure-dent, mais ce dont il manque en force physique, il le compense allègrement par une hargne indéfectible. C’est un fait : Titeuf est un bully, un chien de la casse. Le khey a une résistance mentale incroyable et il renvoi les mandales même quand Marco lui broye les couilles ou pire : quand il se fait humilier publiquement en se prenant une baffe par une meuf, devant tous ses potes. On pourrait penser que personne ne puisse se relever après un tel affront, mais Titeuf, lui, n’abandonne jamais.

Peu impressionnant physiquement, Titeuf se rapproche plus du morphotype « homme poire »
Cédric, lui, c’est le skateur blond qui croit qu’il sort d’un skatepark du hood californien alors qu’il vit dans un quartier périurbain belge tout ce qu’il y a de plus tranquille. Cédric c’est un peu ce « wesh campagnard« , qui veut jouer la rue alors que le seul danger dans son tiek’s c’est le daron à Nicolas qui roule un peu trop vite dans sa dernière Porsche. En définitive, Cédric, pour être safe chez lui, a juste à regarder à gauche puis à droite avant de traverser la rue, rien à voir donc avec l’enfance à la dure de Titeuf, mais plutôt semblable à celle de Nekfeu qui, par exemple, devait faire extrêmement attention aux voitures en bas de chez lui.
Cependant, il faut reconnaître une certaine force à Cédric en sa capacité à mettre un “coup de deck” avec son skate dans le tibia de son adversaire. C’est ce genre de move brutal qui te fait revoir toute ta future carrière de footballer professionnel. De plus, son skateboard lui offre également l’avantage niveau mobilité, car sur sa planche, il peut esquiver facilement les patates de son opposant, voire même tourner autour de lui jusqu’à ce que ce dernier se fatigue.

Cédric n’a pas grand chose pour lui non plus si ce n’est son skateboard
Factuellement, l’avantage physique devrait donc revenir à Cédric. Avec un skate frérot t’es supposé détruire facilement une brindille comme Titeuf. Cependant… ![]()
…Cependant, j’identifie facilement Cédric à une zoulette, une sale fiotte qui n’a pas les couilles pour la bagarre du rue. Il n’a pas le mental. Pépé ne l’a jamais éduqué aux coups de bâtons et son propre père est un cuck et ça se ressent… Titeuf, lui, a toujours grandi dans l’adversité ce qui lui donnerait de facto une meilleure technique à la baston. Titeuf est un électron libre qui se bat parce qu’il a oublié pourquoi il s’est battu. Cédric, lui, se bat pour Chen à la rigueur. Ce qui fait de lui un cœur brisé fragile qui se bat pour une gadji.
Avantage à Titeuf, donc.
Sur le plan de l’entourage :
Alors là, il n’y a même pas match :
Titeuf a une équipe. Une vraie. Il a une vraie team de blancos déter après 23h.

- Hugo le colosse, le Big Smoke du gang. Même si tu lui fous un bon coup dans la panse, ça fait juste “plop”. Le mec ressent rien. En plus, lui et son grand-frère se sont pris des mandales dans la gueule depuis tout petits par leur daron abusif et ouvrier dans le BTP. Autant dire qu’il a déjà vu bien pire qu’un blondinet comme Cédric.
- Manu. Il paye pas de mine comme ça avec ses lunettes de tarlouze mais gare à lui, Manu est street-smart. Il est dans tous les coups et connait toutes les ficelles du ter-ter. D’ailleurs il connaît sûrement quelqu’un qui a vu quelqu’un qui a déjà fait une bagarre et ça ne peut qu’être profitable à Titeuf.
- Jean-Claude, le type dont on se fout de la gueule à chaque fois qu’il parle mais qui, on sait pas vraiment pourquoi, dégage de la puissance. Ca se voit il a de la rage en lui, c’est un nerveux.
- François et Vomito sont quant à eux plus frêles que leurs camarades mais peuvent parfois se montrer utiles, notamment François pour ses capacités en hacking. Vomito quant à lui, et bien, il… il vomit j’imagine.
Côté Cédric, le bât blesse :

Le gars se déplace la plupart du temps seul. Ok, il a Christian, mais faut être réaliste deux secondes : Christian il va pas taper. Il va juste raconter sa vie à Cédric comme d’habitude, car c’est son seul pote à cet vieille victime. A la rigueur, y’a Chen, qui pourrait sortir 2-3 mouvements d’art martial asiatique lambda. Mais ça, ce serait si ce con de Cédric arrivait à la choper dans son gang un jour. Notre puceau belge se chie tellement dessus à l’idée d’avouer ses sentiments à Chen qu’il n’a, au final, jamais réussi à la recruter dans son équipe réduite.
En conclusion : Titeuf ramène tout le quartier, Cédric ramène personne. 2-0 pour Titeuf qui s’arroge le titre de roi de la street.
Sur le plan intimidation :
Tout amoureux du pugilat urbain sait parfaitement que ni la puissance physique, ni l’entourage ne peuvent décider du sort d’un duel à eux seuls. En effet, un autre facteur a son importance bien que trop souvent sous-estimé par les gladiateurs du bitume : l’intimidation liée à la réputation, à la street-crédibilité.
Titeuf, par exemple, est connu. Pas forcément craint ou respecté de tous, mais au moins connu. Quand il arrive, on dit souvent : “Ah ouais lui c’est un sang chaud… il va encore faire une dinguerie.”. Et c’est normal car son casier parle en sa défaveur : bagarres à répétition, pétards dans des crottes de chien, injures envers le corps enseignant… Le pédigré du type annonce déjà la couleur.
Cédric, par contre… lui personne le connaît en dehors de sa famille proche. Il n’a jamais marqué l’histoire et peine même à s’imposer dans sa propre cour d’école.
Et ce différentiel de réputation peut grandement influer sur l’issue d’une bagarre de rue. Prenons un scénario à titre d’exemple : Titeuf et Cédric se retrouvent face à face, au sol, un rond est formé par les autres gosses venus assister au spectacle et encourager leur champion, soudain une insulte sur une mère fuse de nulle part et déclenche les hostilités :
Titeuf :
Ne comprend pas vraiment pourquoi il est là, mais comme tout le monde le regarde, notamment Nadia la michtonneuse, il fait genre qu’il gère la situation. Il ne sent même pas la pression car, à vrai dire, il ne sent pas grand-chose en général.
Cédric :
En totale panique intérieure. Il voit tous les regards se poser sur lui et sait que le moindre faux pas pourrait ternir son image à jamais. D’ailleurs, au lieu de se préparer mentalement au combat inéluctable, il est toujours en train de s’inquiéter de ce que Chen penserait de lui si elle le voyait s’abaisser à de telles activités de voyou. Il ne comprend toujours pas que Chen n’en a rien à foutre de lui tant qu’il ne portera pas ses couilles. Il doit prouver sur le terrain, mais est comme paralysé par la peur de mal faire.
Avantage psychologique : Titeuf encore une fois.
Et la psychologie se joue également sur le terrain de la rhétorique. Le trashtalk est une composante primordiale de toute bagarre de rue. Titeuf est une machine à parler, souvent pour ne rien dire. Mais au moins, dans le lot, il parvient à balancer 2-3 punchlines bien senties. Il énerve obligatoirement son adversaire en le traitant de « boulette de bologno« , de sombre « zizi sexuel » ou bien encore de « Pov niouk« . Et un adversaire énervé, c’est un adversaire qui fait n’importe quoi.
Cédric, quant à lui, n’a aucun trash-talk. Il aurait même tendance à s’excuser avant de frapper.
Conclusion : Titeuf encule Cédric à tous les niveaux
Au final, nous venons de démontrer que ce débat, vieux comme le monde, opposant Titeuf à Cédric n’a même pas lieu d’être. Titeuf ne se contente pas de gagner : il domine Cédric à tous les niveaux.
Ce pauvre vicos de Cédric, lui… bah il repart chez lui comme d’hab : sur son skate, seul, le menton tremblant, en train d’essuyer une larme qu’il dira plus tard être “un truc dans l’œil” pour pas perdre la face devant ses parents. Traumatisé, il n’ose même plus frapper avec son skate tellement Titeuf occupe son cerveau et le plonge dans le doute existentiel. Et pendant que Cédric rentre bredouille chez lui, prêt à se prendre une morale de son grand-père, Titeuf retourne fièrement au quartier, triomphant, entouré d’Hugo, Manu, Jean-Claude, Vomito et tout le squad.

C’est là la triste réalité de la rue pour Cédric. Titeuf n’a d’ailleurs même pas besoin de l’humilier :
c’est la vie qui s’en charge. Et, soyons sérieux deux secondes, si Titeuf et Cédric se croisaient au coin d’un parking Lidl, qui ressortirait avec son goûter encore intact ? Il y a certaines réponses qui ne méritent même pas délibérations.
Article rédigé par : Freddy Les Bons Tuyaux 

Enfin un article qui répond à la question que tout le monde se pose depuis des années !
Je me permet d’ajouter que les compétences de hacking de François peuvent servir à tailler une sale réputation à Cédric. Ce dernier peut vite voir sa vie sociale s’effondrer si François utilise les réseaux sociaux de Cédric à des fins malveillantes.
Le seul espoir pour Cédric dans cette bataille serait éventuellement de s’allier à Marco, qui lui aussi est un chevronné de skateboard, mais bon, on ne va pas se mentir, Marco est trop cool pour trainer avec Cédric.
Même Puduk est trop cool pour s’allier à Cédric