Grillons des Steaks, Pas des Rêves”, tel est l’un des tout nouveau slogan choc de la chaîne de haute gastronomie américaine Burger King. Cette campagne publicitaire qui a fait grand bruit pour son franc parler auprès d’une jeunesse de plus en plus décadente vise à ramener à la réalité les « jeunes » en questionnement sur leurs opportunités professionnelles.

Ces derniers pensent malheureusement trop souvent que l’avenir serait plus beau « dans un métier épanouissant » qui leur permettrait de « vivre de leurs passions » alors que pourtant, la France manque cruellement de travailleurs dans un secteur bien plus primordial pour la santé du pays : griller des steaks.

« Grillons des steaks pas des rêves » : Burger King et son recrutement cinglant

Dans un monde totalement coupé des problématiques actuelles, les jeunes sont constamment encouragés par des âmes malveillantes à poursuivre leurs rêves, aussi débiles et illusoires soient-ils comme ouvrir une chaîne de gaming ou bien vendre des photos de leurs pieds sur des sites peu recommandables (95% des jeunes confient vouloir faire carrière de cette façon).

Bien heureusement, la compagnie Burger King a décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière de milliers de djeuns désœuvrés grâce à leur toute nouvelle campagne de recrutement pleine d’esprit et de réalisme :

une streameuse à la con ferait mieux de griller des steaks chez Burger King

Sur les affiches de campagne de la marque réputée pour ses burgers faits avec amour en 1 minute top chrono sous la surveillance zélée de ses managers d’équipe, on aperçoit une jeune femme à l’apparence ridicule, cheveux rose et oreilles de chat sur la tête, ce qui de toute évidence indique qu’elle pratique le passe-temps de « streameuse » (individu éprouvant le désir de se filmer en train de jouer à des jeux vidéos).

C’est là que Burger King intervient pour sauver l’avenir de cette jeune femme, dont les parents semblent de toute évidence avoir abandonné l’éducation, en lui rappelant que faire mumuse devant une caméra c’est bien gentil mais que nos burgers ne vont pas se cuire tout seuls. En candidatant chez Burger King, cette jeune adulte pourrait déjà jouir d’un statut de collaboratrice (collaborateur étant le terme désignant le chargé de cuisson de la viande) et passer la plus grande partie de sa journée à griller les steaks des millions de consommateurs de la marque à la couronne.

Elle aurait ainsi un but, une utilité dans notre société et pourrait donc atteindre la transcendance professionnelle en se disant que chaque jour où elle se lève à 6h du matin est une journée de plus où elle aura redonné le sourire à un petit enfant en lui donnant son bon Double Cheese Bacon XXL pour le consoler après une dure journée d’école à s’être fait moquer pour son obésité morbide infantile.

burger king recrute les footballeurs amateurs

Si Bilel passait autant de temps à cuire des steaks qu’à tenter maladroitement de rentrer un ballon dans une fenêtre en forme de lucarne en bas de son bloc il serait peut-être déjà manager chez Burger King !

Mais regardez-le franchement avec son air bovin abattu et son ballon de foot qui a connu la seconde guerre mondiale, digne de ceux des écoles primaires qui découpent les doigts du gardien. Ne serait-il pas plus heureux derrière un comptoir à régler les problématiques des adorables clients amateurs de fast food tout en encaissant la pression, toujours bénéfique, de sa hiérarchie pour un salaire de 1500€ ? Cela apprendrait le sens des responsabilités à notre footeux du dimanche. Alors certes, il serait toujours considéré comme nul par son coach formateur chez Burger King, mais au moins il serait payé pour cela.

27 écoutes sur un album ? Non mais franchement Romuald, il faut tout de suite abandonner la musique avant de te couvrir encore plus de ridicule. Tout le monde le sait de toutes manières : la qualité d’un artiste ne se mesure uniquement qu’à son nombre d’auditeurs. C’est le pur capitalisme qui, rappelons-le, est le réel et le pragmatisme, qui veut cela. Si tu n’as pas des millions de ventes sur tes albums cela veut dire que tu n’as pas de talent et que tu ne mérites pas autre chose que d’aspirer à griller des steaks chez Burger King. Le rappeur Jul, lui par exemple, a des millions de fans, ce qui veut donc dire qu’il est un lyriciste de talent et qu’il a du mérite. La méritocratie impose que Jul et toute sa famille viennent à ton comptoir pour commander des Chicken Louisiane Steakhouse à emporter, et que ça saute, pendant que tu acceptes ta condition d’être inférieur au rappeur analphabète.

Une campagne rondement menée comme seul Burger King sait le faire

Chez les rois du burger, on sait y faire en termes de campagne marketing. L’initiative « Sors toi les doigts du cul et met-les dans ma viande » utilise les médias DOOH (Digital Out of Home, c’est américain donc c’est performant). Cela veut dire que la marque s’appuie sur les réseaux sociaux et les plateformes digitales, principalement aux abords des campus universitaires et dans les grandes villes, en voilà une idée jeune et dynamique !

Comme vous vous en doutez, le choix des emplacements n’est pas dû au hasard car il est pensé pour atteindre directement le public cible là où il se trouve le plus fréquemment. Et où trouve t’on le plus de branleurs rsaistes et de joueurs de foot qui auraient pu passer pros si ils ne s’étaient pas fait les croisés ? A la fac bien évidement ! Cette population représente un vivier précieux pour Burger King car elle est souvent en condition physique assez apte à supporter le travail à la chaîne tout en ne sachant pas encore négocier un contrat et a trop la flemme de contacter les prudhommes. Leur offrir une alternance est donc un cadeau inestimable pour eux, comme un don du ciel pour ces élèves qui sans le savoir, n’ont pas besoin d’étudier telle ou autre matière car tout ce qu’ils ont toujours voulu depuis le début n’est autre que de griller des steaks.

Vous avez pu le constater, Burger King nous gratifie encore d’une « masterclasse » (comme on dit dans l’équipe com’) avec cette campagne qui repose sur une touche d’ironie bienveillante et sur une générosité assumée pour offrir une chance de rédemption à une jeunesse perdue. Le fast food se positionne ainsi comme une option de carrière viable et immédiatement accessible (au moins pendant un mois avant le prochain turnover d’équipe), offrant de la stabilité et de la réassurance, deux notions chères à ceux désireux de pouvoir profiter un jour de leur French Dream. Qui veut de l’indépendance et du rêve quand on peut avoir de la stabilité et de la réassurance à la place de toute manières ?

En conclusion : on arrête de rêvasser les auto-entrepreneurs et on vient griller le burger de Brandon et Dylan fissa avant le rush du midi.

Article rédigé par : Claude