Le compte rendu des émeutes du 17 octobre 2026

Le journalisme total, c’est aussi sur le terrain ! Alors, si vous n’habitez point dans un patelin de très haute montagne, vous devez sûrement avoir entendu parler du 17 et 18 Octobre, entre pillages, saccages, bagarres, cassages et autres joyeusetés, où des ingénieurs en aéronautiques, chimistes en devenir et autres gendelettres philosophes détruisent des TPME afin de protester contre le capitalisme, des horaires de travail inqualifiables (4h/j et 5j/7) et la remise dans l’agrégation de physique nucléaire de la théorie de la fusion froide, hautement contestée depuis 1989. Nous arrivons sur place dès 10h et déjà la rue est mise à sac par les émeutiers scientifiques. Les commerces indépendants sont dévastés tout comme les grandes enseignes. Tout y passe ; Sephora, McDounaldze, Microarnaque, MangaStory, Franprix et les FNAC également (sauf le rayon librairie, ce qui témoigne d’un grand respect de la part des casseurs pour la littérature française). Nous décidons alors d’aller nous entretenir avec certains des belligérants :


– Bien le bonjour gentlemen, alors comment se portent vos revendications ?

– Wesh noble troubadour, nous sommes agacés de façon subatomique à la vérité wallah.

– Wallah par Feynman, la vie d’ma mère, on est des théoriciens quantiques, pas des techniciens de laboratoire !

– Wesh on est des électrons libres la chatte à Mme du Châtelet.

– La charge négative de ta grand-mère !

– Wesh nique sa particule, par exemple, Kamel qui est en M2 de Poésie médiévale et que voici.

– Ta génitrice la coureuse de remparts.

– Enchanté.

– Il est pas sûr de passer son doctorat de fils de péripatéticienne, c’est chaud comme une réaction en chaîne.

– On sait que dalle wallah. C’est un peu l’inconnue à l’équation si j’ose dire.

– Je vois. Merci à vous mes très chers amis.


C’est aux alentours de 11h que nous apercevons Éric Zemmour, candidat à l’élection présidentielle, sur le toit de la mairie du VIIIe arrondissement, alors armé d’un SVD Dragunov qu’il pointe sur les manifestants. Ni une ni deux ni trente-six, nous nous ruons avec Caméraman au sein du bâtiment afin d’y dénicher la trappe menant au sommet. De là, nous retrouvons le président de Reconquête! canardant la foule encagoulée.

– Et bim. Headshot.

– M. Zemmour ?

– Plait-il ? Quotidien ? Libération ? Médiapart ?

– Clodonews.

– Ah.

– On aurait… quelques questions là pour le coup.

– Voyez pas que je campe ?

– Mais qu’est-ce que vous foutez ?

– Attendez attendez, j’ai un petit Kamel dans le viseur.

– M. Zemmour…

– PREPARE TOI A GOUVERNER LES VIVANTS !

– …

– Et bim. En plein dans la bidoche.

– Wallah y’a un sniper sa mère la pute j’ai été touché.

– Ben voyons. Ça rigole plus hein ? Reculez !

– Mais M. Zemmour, si vous leur tirez dessus, ils vont mourir !

– Oui ça… fait ça.

– Mais…

– Ah ! C’est Attali, le père Attali ! Au coin de la rue, je vais me faire ce gastéropode !

– M. Zemmour, vous avez pété un boulon.

– C’est le mot de Richelieu… PAN !

– Wow, vous l’avez pas loupé le vieux hibou.

– Cher monsieur, vous avez mille fois raisons. On me traite souvent de campeur mais jamais de noob.

– … Bon.

– Allez je change de map, il est temps de lancer Remigration Tycoon 2027.


Sur ce, Eric Zemmour, dit le Z, descendit en rappel tel Sam Fisher pour rejoindre la mêlée, armé d’un couteau et d’un M19. Dépités, nous redescendons nous aussi afin de mieux capter l’ambiance. C’est alors que nous croisons David Lisnard, lui aussi candidat à la présidentielle, en train de se balader mains dans les poches au milieu de voitures en feu et des commerces pillés. Vous savez, David Lisnard, c’est le genre de politique un peu ferme mais proche du peuple, qui dit  » bosser  » à la place de  » travailler « .

– Ah M. Lisnard, on est fort aise de vous trouver.

– Mais j’m’en fous, rien à cirer.

– … On voudrait juste vous poser quelques questions.

– M’en branle.

– C’est à dire que c’est presque la guerre civile avec les racisés et…

– Bat les couilles.

– … Des arabes et des noirs meurent !

– J’ai pas bien compris en quoi c’était mon problème.

– Eric Zemmour campe sur un toit et snipe des gens au SVD Dragunov !

– Je m’en tartine le derche à un point que la science ne peut pas encore mesurer.

– … Même le battage de couilles vous le libéralisez.

– Putain ça je m’en fous aussi.

– Mais vous êtes le président de l’Association des Maires de France quand même !

– Rien à péter.

– … Ah d’accord.

– La vie aussi, rien à péter.

– … Bah au revoir.

– Mais je m’en branle mon pauvre ami.

– … Bisous.


Et c’est ainsi que nous regardons David Lisnard s’en aller les mains dans les poches sans se soucier du chaos ambiant.

– Je m’en fous. De tout. De ces chaînes qui pendent à nos cous.

De nouveau dépités (quoiqu’Éric Zemmour nous divertissait bien à courir sur les murs en canardant les émeutiers et en enchainant les saltos), nous décidâmes de nous abriter afin de ne point nous prendre une bastos par inadvertance. Et c’est en nous calant sur les marches d’un escalier menant à un GIFI encore en état, que nous entendons pleurnicher. Curieux, nous cherchons d’où viennent les pleurs jusqu’à trouver un petit être caché sous l’escalier.

– … Attal, c’est vous ?

– …

– Vous allez bien ?

– Le vent, dans les prés, colchiques et printemps, quand il est là nous le sentons mais jamais éternellement. Et nous, pauvres âmes endeuillées, nous perdons notre regard dans l’horizon morne de nos pleines défaites.

– … M. Attal ?

– Doucement reviennent à pas de loups le soleils noirs et les regrets qui n’en finissent donc pas de mourir.

– …

– Il pleut dans nos cœurs comme il pleut sur la ville, et lorsque la lune de nos remords apparaît, jamais la mer ne se retire car c’est toujours la marée des sanglots qui monte à nos yeux.

– … Ouais mais arrêtez de citer des marques de matelas et venez avec nous, vous allez vous faire mordre par un rat si vous restez ici.

– … Rester ou partir, telle est la question épidermique de notre sempiternelle catabase.

– Oh et puis zut.


Dehors, Éric Zemmour continuait d’enchainer les kills avec un couteau entre les dents et des grenades à la ceinture, égorgeant des ingénieurs et balayant des physiciens, tout en hurlant qu’au nom de Goscinny, Astérix est grand ; nous n’avons pas essayé d’en savoir plus tant la situation s’avérait périlleuse et pleine d’obstacles.

– La République est compatible avec la physique des particules.

– … Tiens, c’est pas la mère Le Pen ?

– Non je parle pas aux journalistes.

– … Bon.


De toutes façons, nous  n’avons pas bien eu le temps de la convaincre car Edouard Phillipe, a débarqué du Havre dans son Horizonmobile afin de drifter dans les manifestants, ET VLAN ET VLAN ET VLAN, plein strike. La voie dégagée, et d’un triple salto-arrière rotatif, le président d’Horizons bondit de sa toto et se mis à enchainer les émeutiers restants avec du pieds-poings, concentrant alors toutes ses compétences boxeuses. Cela dit, Mélenchon arriva bien vite en parapente afin de le calmer.

– VOUS NE ME TOUCHEZ PAS ! LA REPUBLIQUE C’EST MOI !

– Commencez à me parler poliment.

– NON JE NE VOUS RESPECTE PAS.

– Ah vous m’respectez pas ?


Et nous allions pour filmer la confrontation mais subitement votre serviteur sauta de trouille car une main glaciale vint se poser sur son épaule.

– Coucou.

– Bordel de vingt dieux de mes burnes sur ton front ça fait des persols ! Vous m’avez foutu les jetons.

– Désolé.

– … Vous faites quoi ici ? Pourquoi vous êtes pas à Matignon ? Vous êtes plus premier ministre ?

– … Bonne question.

– Vous êtes premier ministre ou pas ?

– … Maintenant que vous me le dites…

– … Vous savez pas ?

– Bah là honnêtement je saurais pas dire.

– …

– Bon oubliez du coup. Bisous.


Sur ce, il était déjà midi et l’envie de grailler arriva soudainement. Un bon petit wrap poulet n’aurait pas été de refus mais bon, y’avait plus un resto debout dans cette ville de merde.

– C’EST PARCE QUE LES GENS EN ONT PLEIN LE CULS DES FEUJS !

– Tu veux que j’revienne te voir ?

– RATATATATATATATA

– J’arrive mon Z

– Je ramène les grenades mon Marc

– Rien à braire.

– Ah j’ai une notif… OH ! Une allocution du Président.

– Vous pouvez lui demander si je suis toujours premier ministre ?

– Vous, ta gueule.

– Pardon.

– Française français, sailzésseu qui m’écoutent, j’ai autre chose à foutre que de vous torcher le derche, bonne chance à vous nonobstant, allez salut, vive la république et vive la France.

– … Eh bah dis donc.


Sur ce, nous retournâmes à la gare en essayant d’éviter les singes échappés du zoo, de là nous primes le premier TGV direction la rédaction de Clodonews vous faire le résumé de cet imposant week-end.


Article rédigé par : Djokaire

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