Guide du clochard : Comment bien mendier ?
Que l’on fasse partie intégrante de la clodosphère ou que l’on pratique la mendicité en amateur en guise de hobby, il est primordial de savoir bien mendier en 2025.
Faire la manche n’est pas donné à tout le monde et nombreux sont ceux qui se retrouvent dépourvus au moment d’adopter les bonnes stratégies pour mendier 2-3 sous à ses compatriotes. Quels sont les meilleurs moyens de maximiser les revenus générés par la mendicité ? Quelles techniques mettre en place pour manipuler les badauds et les délester de quelques deniers qui iront bien mieux dans vos poches que dans les leurs ?
ClodoNews vous délivre aujourd’hui l’authentique Guide du Clochard, s’inspirant des meilleures stratégies de clochards, dont l’efficacité est approuvée par nos soins, pour que plus jamais vous ne bégayiez comme un puceau au moment de mendier dans l’espace public :
Les meilleures stratégies pour bien mendier :
Choisir le bon emplacement pour poser son carton
En prenant en compte le fait que vous allez essuyer à peu près 95% de refus à chaque acte de mendicité, mieux vaut enchaîner le plus de cibles possible afin d’optimiser vos recettes. Il vous faudra du passage et une forte exposition dans l’espace public. Ainsi il est recommandé de s’installer devant :
- Un Starbucks : En plus d’être constamment remplis de clients, ces pigeons sont prêts à débourser 6,50€ pour un latte multicolore au goût dégueulasse avec 36 add-ons qui baignent dans leur mixture glycémique. Quand on est suffisamment con pour acheter, de son plein gré, un tel poison, on est également assez con pour donner son fric au premier clochard venu.
- Une sortie de métro bondée à 8h du matin : Quand ils sont en chemin pour le bureau afin d’aller bosser et payer notre RSA dans la joie et la bonne humeur, vos victimes seront encore trop hagards pour réfléchir proprement et seront donc bien plus facilement manipulables. De plus elles auront probablement déjà été usées psychologiquement par vos congénères clodos qui jouent leur musique de merde dans les rames du métro.
- Une église : C’est bien connu, les religieux sont des turbo pigeons dont le porte monnaie peut être exploité jusqu’à la moindre piécette. Je vous jure ces cons se sentent obligés de donner au moins un petit euro afin d’être bien vus par leur dieux, mais surtout par leurs voisins et amis tous présent autour d’eux à la sortie de la messe. Et ouais, apparemment c’est parce qu’ils obéiraient à des valeurs de con du style « amour » ou « compassion » ou un truc dans le genre. Dans tous les cas, cela fait nos affaires.
Évitez cependant les zones déjà trop squattées par d’autres SDF. Une trop forte concentration de clodos sur un même territoire peut conduire à des tensions, des guerres de gangs et, ultimement, à la bagarre de rue.
L’habit fait le clochard
Un bon clochard est un clochard qui inspire la pitié. Vous devez puer la fiente (mais pas trop non plus car le passant doit survivre le temps de la transaction) et surtout avoir un bon style de pouilleux.

Vous me trouvez quelques vêtements récupérés dans le bac « perdus et jamais réclamés » de votre gare SNCF la plus proche et vous choisissez les accoutrements les plus hideux. Arborez fièrement vos tenus couvertes des plus belles tâches de… sauce (?) ou d’alcool bien collé et incrusté dans le tissu.
Pour le ton des couleurs, il est recommandé de faire dans le visible. Ainsi, vous serez aperçu de loin par les badauds du quartier. Du rouge, du orange immonde ou bien encore cette teinte verte légendaire, produite par la moisissure et la macération des fluides corporels, que l’on appelle affectueusement « vert vomito industriel » dans la street.
Utiliser un animal pour créer de la compassion
Vous, vous avez beau puer la pisse, avoir la gueule délabrée et ravagée par les affres de l’alcool, la drogue et les maladies sexuellement transmissibles, avoir la peau qui s’effiloche en lambeaux… Personne n’en aura rien à foutre. Absolument personne.
En revanche, dès que vous avez un petit animal de compagnie à vos cotés lors de vos sessions de mendicité, alors là, tout change. Les nouvelles générations de français sont si mentalement déglinguées qu’elles ont tendance à accorder plus d’importance à la vie des animaux qu’à celle des humains car les animaux sont « jontils » par définition.

Munissez-vous donc d’un ou deux clebs, voire même de bébés chatons mignons pour les laisser croupir sous le soleil écrasant toute la journée avec vous lorsque vous mendiez. Les passants auront pitié d’eux et viendront les nourrir d’eux-mêmes. C’est là que vous pouvez profiter de l’occasion pour subtiliser les dons de nourriture, les croquettes, les pâtés pour chiens… pour les ingurgiter vous-même. Si vous êtes doué, vous pouvez même obtenir les caresses et les grattages de ventre de la part des passants à la place de vos animaux.
Avoir un petit panneau avec un slogan choc :
Les vieux « Pour manger » ou « J’ai faim » ne font plus recette. C’est surfait, on voit ça partout et, aujourd’hui, cela dénote juste un cruel manque d’originalité. La mendicité est une aventure créative. Véritable œuvre d’art, elle doit faire appel à la sensibilité des passants. Ces derniers doivent être impressionnés par votre verve.

Voici donc quelques idées de panneaux efficaces, que notre équipe a déjà testé avec succès par le passé :
- « En vrai j’ai même pas faim ahah, je m’en fous si vous donnez de l’argent ou pas. Je jure c’est vrai » ➡︎ Registre de la psychologie inversée (marche à tous les coups)
- « Une p’tite pièce ou cancer foudroyant des testicules dans la nuit » ➡︎ Registre de la menace et de l’intimidation (très efficace)
- « Bouffe ma chatte pas le climat. » ➡︎ Registre de l’humour de merde des putes Millenials (résultats aléatoires)
Faire du théâtre de rue ou un truc random pour montrer que au moins vous faites quelque chose
Malgré tous nos conseils, il est possible que certaines personnes soient toujours récalcitrantes à vous payer pour l’unique raison d’avoir mendié dans la rue. Il se peut même que certaines d’entre elle vous reprochent de n’avoir rien branlé et donc de n’avoir rien fait pour mériter leur argent. Comme si tout ce qui comptait dans ce monde malade et corrompu par le capitalisme déraisonné, n’était que le retour sur investissement, les intérêts et la productivité…
Voilà pourquoi vous devez donner le change. Oui vous devrez peut-être vous bouger le cul un petit peu pour leur offrir une sorte de spectacle ou, au moins, un semblant de divertissement. La plupart des zadistes et autres babos de rue adorent jongler avec des objets en tous genres ou cracher du feu par je ne sais quel maléfice, inspirez-vous de ces véritables artistes urbains ! Leur grand classique reste toujours de tendre un fil en hauteur puis de se déchausser pour monter en équilibre et jouer les funambules avec leurs panards malodorants et métastasés. Vous aussi pouvez le faire.

Regardez-moi ce gros prolo
Sinon, dans les scénarios les plus extrêmes, vous pouvez essayer de vous rendre utile en tentant de faire un vrai job. Laver les vitres des voitures lorsqu’elles attendent au feu rouge par exemple puis quémander une piécette à l’automobiliste qui n’avait rien demandé. Les possibilités sont infinies.
Les erreurs du clochard à ne jamais commettre :
1. Le regard fuyant du mendiant honteux
Baisser les yeux devant le passant ? Avoir l’air gêné presque comme si vous aviez honte de demander un financement participatif à vos fans de rue ? Grossière erreur. Le donateur ressent votre gêne comme le pitbull ressent l’odeur d’un bébé laissé sans surveillance des kilomètres à la ronde.
Si vous faites cela, vous êtes foutu. Les gens vont se dire : « Wow mais il mendie trop mal ce mec là mdrr il a 0 flow ce migrant » et vont remettre en question votre légitimité dans le Clochard Game tout en se foutant de votre gueule en vous diffusant sur les réseaux sociaux pour faire du buzz sur votre humiliation publique.
Au lieu de cela, regardez-les droit dans les yeux, avec ce petit mélange de souffrance, de détachement mais surtout d’assurance qui crie “Oué j’te juge sale riche, tu me dois ton argent. Je veux mon dû”. Ils adorent ça. Ils aiment être choqués. La bourgeoisie veut des sensations fortes. C’est du chantage émotionnel et psychologique pur jus qui fait mouche à chaque fois.
2. L’oubli du gobelet
Pensez-vous vraiment que les passants vont vous filer la thune directement dans votre main ? Au risque de rentrer en contact physique avec vous ? Mettant en danger leur vies en s’exposant à vos germes de pourrissement et de lèpre à stade avancée ?
Non, bien évidemment. Sentez-vous deux secondes enfin. Il vous faudra donc un récipient : gobelet McDo trouvé par terre, vieux bol Hello Kitty dégotté chez Emmaüs, verre en plastique laissé par vos potes soupeurs, boîte de pâté pour chien vide… Peu importe. Le tout est d’avoir un réceptacle. Sans ça, vos pigeons de passants sont perdus. Avec un gobelet en revanche, ils comprennent tout de suite qu’ils doivent le remplir de p’tites pièces. Ce sera d’ailleurs bien plus ludique pour eux, les plus sportifs parmi vos mécènes se prendront au jeux et balanceront leurs sous comme au basket, en tentant de scorer les trois points.
3. Le mauvais timing de la plainte vocale
Crier « J’AI FAAAAIM » en boucle quand les gens sortent de boîte bourrés ? Efficace, c’est le moment où ils sont le plus fragiles mentalement et le plus malléables. Le faire à 14h devant une école primaire ? Mauvaise idée car, à cette heure précise, vos cibles sont déjà occupées par des responsabilités supérieures. Elles ont des cours de dessin en classe à suivre religieusement et ne peuvent pas se permettre de sortir dehors pour vous nourrir. De plus, elles ont genre 7-8 ans et n’ont pas énormément de ressources financières car elles n’ont même pas de taf ces feignasses.
Voilà pourquoi il faut choisir votre moment parfait pour attirer le donateur idéal. De même, où que vous soyiez, évitez de spammer les complaintes incessantes toutes les cinq secondes. Cela pourrait provoquer un effet néfaste que nous appelons, en sociologie, « le cassage de couilles qui prend la tête de tout le monde« .
4. Le manque de storytelling
Si vous ne savez pas vous vendre, si vous n’avez pas un discours ou une gueule qui raconte une histoire (vraie ou pas, on s’en fout) captivante pour le passant, alors vous êtes perdu d’avance.
“Ma femme m’a quitté pour un livreur Uber« , « Je suis victime d’une odieuse machination et d’un complot visant à me faire tout perdre, on m’a spolié mes richesses sinon je serais aussi riche que vous ahah no fake » ou bien encore « Je suis le vrai Xavier Dupont De Ligonnès« … ça, c’est du narratif qui marche auprès de vos interlocuteurs. Là c’est sexy, là c’est vendeur.
Vous êtes prêts à mendier comme un pro !
Vous avez désormais toutes les cartes en mains pour devenir le maestro de la clochardise, le king du bitume, le CEO de la crasse.
Vous allez vite le remarquer : il n’y a rien de bien compliqué et tout s’apprend sur le tas. Faire carrière en tant que clochard ne requiert pas énormément de savoir-faire ni même de diplômes académiques. La seule condition pour réussir est de se départir de la faiblesse qui réside en certains d’entre nous : le sentiment de honte et la possession d’égo. Oubliez ces conneries, la vie est trop courte pour avoir ce luxe d’accorder de l’importance à nos sentiments personnels et à notre dignité. Nous sommes là pour faire du fric.
D’ailleurs nous ne sommes pas les derniers lorsqu’il s’agit de récolter la dîme auprès de nos lecteurs alors hop, hop, hop on s’active et on vient soutenir ClodoNews ici en faisant un don pour la survie du journal .

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Article rédigé par : Claude 

Pondre un article le 1er mai?? Vous ne respectez donc rien?! Je vais vous dénoncer aux juifs !!
Non pitié pas les juifs je vous en conjure. Désolé d’avoir travaillé en ce jour férié, je promet que nous n’allons rien branler pendant les 12 prochains mois afin de nous faire pardonner