Les gens qui puent dans le métro

« Pas de déo ? Pas de métro ! » tel est le slogan de la toute dernière campagne de communication de la RATP qui n’a pas manqué de faire parler dans tout Paris.

Si vous êtes un français normal, habitant la province et prenant une douche de manière régulière, il vous est peut-être difficile de comprendre le sens d’un tel message de prévention. Laissez-nous vous expliquer. C’est un fait incontestable depuis des années : le métro de la capitale française jouit d’une renommée mondiale pour l’indescriptible festival d’effluves et d’embruns iodés qui imprègnent ses wagons.

Oui, le métro parisien est l’épicentre d’un smog d’émanations à forte concentrations toxiques et pendant de nombreuses années, les scientifiques du monde entier se sont cassé les dents à tenter de trouver une solution à l’infernal fléau du malin s’abattant sur les transports de la ville lumière. Mais que faire lorsque le problème vient des voyageurs eux-mêmes ? En effet, la source du mal provient des gens qui puent la merde et qui osent tout de même se mouvoir dans l’espace public comme si de rien n’était.

les gens qui puent dans le métro paris

Bannir les puants du métro : la solution à tous les problèmes ?

Pulvérisateurs de parfum, diffusion d’huiles essentielles… Autant de mesures qui se sont révélées inefficaces jusque-là et n’ont jamais pu apporter le salut aux narines des usagers franciliens. Mais à l’approche des J.O de 2024 et suite au retour d’Anne Hidalgo de ses vacances bien méritées à Tahiti, la maire de Paris a décidé de prendre l’affaire à bras-le-corps en proposant une mesure drastique : interdire purement et simplement l’accès au métro parisien pour les individus jugés « malodorants au delà de toute décence humaine » selon les propres mots de l’élue parisienne.

Les sanctions prévues pour les transgresseurs fétides qui auraient l’idée de s’introduire dans le métro malgré leur odeur nauséabonde ? Les individus en cause pourront être expulsés si par chance les étoiles sont alignées et qu’il y a un contrôleur présent ce jour là et surtout seront passibles d’une amende de 350 euros payable à distance de préférence afin d’éviter tout contact rapproché avec les agents de la RATP. Les récidivistes pourront même être fichés « impurs » et se voir obligés de porter une sorte d’étoile de David avec écrit « JE PUE » en lettres capitales à chacun de leur déplacements en ville.

Des renifleurs professionnels engagés par la RATP

Mais comment assurer le détectage des usagers putrides ? Bien que cela soit déjà écrit sur la gueule de la plupart d’entre eux, certaines personnes pestilentielles cachent cependant bien leur jeu telles que les célèbres crasseuses bien apprêtées dans leurs fringues de pétasse parisiennes mais qui ne se lavent pourtant jamais le sillon interfessier par exemple.

C’est pourquoi la RATP a prévu le plus grand recrutement de personnel de toute son histoire grâce à l’embauche de pas moins de… 3 nouvelles recrues. Trois nouvelles embauches et pas n’importe lesquelles car il ne s’agit ni plus ni moins que de véritables renifleurs professionnels.

Bien que peu connu du grand public, le métier de renifleur est pourtant essentiel au bien-être des voyageurs. Ces véritables héros du quotidien seront chargés de repérer les individus aux faciès les plus inquiétants et aux looks les plus marginaux pour les prendre à part avant de humer minutieusement les moindres parties de leurs corps. Si le renifleur estime que vous puez, l’ordre de rebrousser chemin ou de descendre à la prochaine station vous sera alors intimé. Libre à vous de respecter la sommation cependant car, rappelez-vous, vous vous trouvez en France et les renifleurs ne sont nullement habilités à procéder à une arrestation mais ils pourront cependant vous attribuer un sticker avec un smiley pas content qui se bouche le nez pour faire part de leur désapprobation. Voilà à n’en point douter de quoi faire réfléchir à deux fois les malfaiteurs les plus indisciplinés.

controleur dans le métro

Les limites d’une mesure discriminatoire et néfaste pour les revenus de la RATP

La mesure n’aura cependant pas fait long feu dans les cahiers de notes de la mairie de Paris. A peine évoquée en public, l’idée a déjà été jugée discriminatoire envers les roumaines, les racailles du fond du métro, les lecteurs de mangas, les dames d’un certain continent qui parlent fort dans les transports et les crackheads. Encore plus révoltant, les clodos, nos propres lecteurs qui ne pourtant demandent rien à personne si ce n’est une petite pièce ou une dose de fentanyl sont également dans le viseur.

metro parisien caca sur les sièges

Pour la porte parole de l’association « Putrefied Are Welcome » « le fait d’exclure une personne marginalisée d’un lieu public sur la seule base de son odeur putride n’est jamais une solution constructive » et cette mesure viendrait même mettre en danger la survie d’une espèce en voie de disparition : la punaise de lit. Ce petit insecte tout mignon et nécessaire à notre écosystème est un intrépide vagabond qui se balade grâce au corps de son hôte humain en se réfugiant sous sa couche de crasse.

Mais au delà de toutes les problématiques liées aux discriminations ou à la protection animale, c’est surtout l’aspect financier qui inquiète la RATP. Les agents de la société ont remarqué un phénomène préoccupant depuis l’interdiction du métro à toutes les personnes qui puent : les rames se retrouvent tout simplement vides !

Cette baisse de fréquentation est due au simple fait que les parisiens puent finalement tous la merde, tous sans exceptions. Ce manque d’usagers représente un véritable gouffre pour la société de transports. Pour Jean Castex, ancien ministre, qui a atterri comme par hasard et dans la confidence la plus totale au poste de Président-Directeur Général de la RATP par décret du 23 novembre 2022 (sûrement bien mérité grâce à son travail acharné) le futur est opaque et le fonctionnaire livre un témoignage plein de pragmatisme politique « Oui clairemeng aujourd’hui on roule à vide, on perd 1 milliong d’euros chaque jour. J’avais d’abord pensé à faire passer le prix d’un aller en métro à 45€ et d’augmenter celui du pass navigo à 3500€ par an pour les rares voyageurs restants afin de rattraper les pertes. Mais mes assistants qui font pas mal de boulot à ma place vu que je suis une personnalité très occupée m’ont dit que l’économie et les finances ça se passait pas comme sur SimCity et ils m’ont conseillé de prendre des congés (rires). Bon du coup je suis parti à Tahiti moi aussi pour mûrir mes réflexiong et revenir plus fort et j’ai pris une grande décisiong : On va faire marche arrière et, au lieu d’interdire l’accès au métro pour certaines personnes, on va tout simplement interdire le métro parisien en fait. On va carrément le détruire je veux dire. Comme ça on arrêtera peut-être de nous faire chier tous les 4 matins avec une polémique à la cong et je pourrais demander à Macrong de me trouver un autre poste haut placé (rires).« 

jean castex puceau

Article rédigé par : Claude