Un visage d’ange qui respire la candeur et la joie de vivre, une voix angélique qui rappellerait presque la douceur de celle de Jean-Baptiste Maunier dans les choristes… Rien ne prédestinait le jeune Jamell Maurice Démons (ça ne s’invente pas) à devenir YNW Melly (ce n’est pas mieux), l’un des rare, si ce n’est le seul rappeur a avoir réellement eu des démêlés avec la justice et à se retrouver aujourd’hui en plein cœur d’un procès pour double meurtre.

Mais qu’est t’il donc vraiment reproché au modeste rappeur de Floride qui fait la une des journaux en ce moment ? La justice américaine aurait-t ‘elle d’autres griefs plus obscurs que le simple homicide envers l’artiste engagé qui passionne autant qu’il dérange car, après tout, liquider froidement deux gugusses en public est monnaie courante aux U.S.A et ce genre d’épiphénomène n’a pas pour habitude de créer l’émoi.

Et si le cas YNW Melly n’était pas le procès de la violence mais plutôt en réalité le procés de la street crédibilité ? Et oui, peu importe que notre bon Jamell fasse l’objet d’accusations d’homicides, faits somme toutes anecdotiques. Ce qui est avant tout reproché à Melly la mélasse est tout simplement d’être un jusqu’au-boutiste de son art, d’être un véritable passionné de la culture rap. YNW Melly est donc un O.G comme l’on en fait plus à tel point qu’il a décidé, par pur amour pour la culture urbaine, de tuer de sang froid ses amis pour tout logiquement montrer à quel point il était légitime dans le milieu du rap.

ynw melly procés condamné à mort

Les hauts faits de YNW Melly, seul véritable rappeur au monde :

1) Il a zigouillé ses potes par soucis de street crédibilité

Si nous connaissions déjà tous « Le M », le rappeur français élu artiste le plus dangereux de France il y a quelques mois seulement, son homologue américain YNW Melly, lui, a fait encore plus fort et à tapé dans les yeux du monde entier en assassinant deux de ses amis d’enfance pour s’octroyer le titre de seul boss du game.

C’est lors d’une belle journée ensoleillée de 2018 que les faits se déroulent. YNW Melly est assis sur la banquette arrière d’une voiture (n’ayant que 19 ans et toujours pas son permis) en compagnie de ses deux acolytes de toujours, YNW Sissy et YNW Faggot assis sur les sièges avant du véhicule. D’aucun rapportent que YNW YMCA, le producteur de la bande était également présent (une version plus tard contredite par l’emploi du temps de ce dernier qui se trouvait à la Pride Month de San Franciso au moment des faits). Les deux malheureux Sissy et Faggot perdent mystérieusement la vie ce jour là, tués par des balles ayant bizarrement été tirés dans leur dos et pénétré l’arrière de leur crânes, sans réelles explications physiques.

Dans un premier temps, YNW Melly plaide l’hypothèse d’un « drive-by« , activité sportive couramment pratiquée en Floride qui consiste à ouvrir l’habitacle de sa voiture pour assassiner ses concurrents à coups de feu. Mais les enquêteurs écartent rapidement cette piste étant donné que les trois petits garçons étaient unanimement appréciés du quartier pour leur gentillesse et qu’aucun ennemi ne leur était connu. Il est même dit par plusieurs témoins qu’ils n’hésitaient pas à visiter régulièrement leurs grand-mères pour manger du gâteau et qu’ils disaient toujours bonjour dans la rue.

L’étau se resserrant petit à petit sur le seul survivant, YNW Melly se retrouve donc contraint aux aveux : « En vrai je les aimais bien mais j’ai pas eu le choix, il fallait que je monte les échelons du game. J’ai une chanson qui s’appelle Murder On My Mind, je serai passé pour quoi si j’avais pas joint l’acte aux paroles ? Nous les YNW on est pas des PD » dira fièrement le rappeur à la police. Mais ce dernier réalise un peu trop tard que la conséquence de ses actes pourrait le conduire à la peine de mort, l’Etat de Floride n’ayant pas encore adopté la coutume des deux ans de prison avec sursis et les travaux d’intérêt généraux comme il est d’usage ailleurs. L’artiste décide alors subtilement de plaider la folie pour éviter la peine capitale. Il ira même jusqu’à implorer la clémence du jury en chantant son titre « I’ve got multiple personalities » comme preuve de sa bonne foi, semant ainsi le doute dans l’esprit de l’audience qui vient à se demander si l’accusé est sincère ou juste complétement con.

A ce jour, le destin de YNW Melly n’est toujours pas scellé. Alors que le couloir de la mort semblait s’annoncer pour le malheureux génie du rap, le gouverneur Ron DeSantis a cependant fait modifier la loi pour accorder un répit supplémentaire à Jamell Démons car, étant un grand amateur du rappeur et trouvant ses sons « lourds« , il déclare trouver cela « dommage de perdre un gars qui faisait des bangers comme ça si c’est pour devoir se taper un énième Lil quelque chose de merde à la place » . Egalement soutenu par une grande partie de l’auditoire rap qui scande « Free Melly » à qui veut l’entendre, il subsiste donc finalement une chance que justice soit enfin faite et que l’artiste au talent indéniable soit finalement pardonné pour ses crimes car il chante bien.

ynw melly libre ou pas

YNW Melly saluant les jurés à son arrivée au tribunal de Fort Lauderdale

2) Il a adopté une mère super bonne pour avoir l’air plus gangsta

YNW Melly n’est pas seulement un vrai rappeur car il tue ses proches, il est également un authentique voyou car il sait justement s’entourer de meilleurs proches que ceux qu’ils vient de tuer.

Afin de favoriser l’ascension de sa carrière. Le rappeur a décidé de faire assassiner sa mère génétique qui n’était pas assez sexy à son gout pour la remplacer par une mère adoptive (dans le sens où c’est lui qui l’a adopté), âgée de 4 ans de plus que lui et piochée parmi les actrices de ses clips pour une poignée de dollars supplémentaires.

Et le choix fut payant ! Qui a envie de suivre un rappeur avec une mère dégueulasse ? Nous saluons les sacrifices consentis par Melly. En voilà un artiste qui respecte vraiment son art.

D’autant plus que sa nouvelle génitrice l’adore ! « Je suis tellement fière de mon fils. J’ai toujours cru en son destin, surtout depuis qu’il m’a payé le dernier Louis Vuitton et le voyage aux Maldives. Il n’y a pas à dire c’est un amour. Il ne ferait pas de mal à une mouche. » Regardez son visage d’ange et osez me dire en face que je l’ai mal élevé. » déclare t’elle aux caméras.

ynw melly et sa mère

YNW Melly et sa nouvelle mère : YNW Ebony

maman de ynw melly

YNW Queen Kong, précédente mère de Melly qui faisait moins l’unanimité

3) Il manie les guns comme personne d’autre

Dernier point mais pas des moindres, YNW Melly est un véritable cowboy. Il tire plus vite que son ombre et vise toujours juste (et de préférence dans le dos). Ce qui renforce encore plus son image de rappeur street crédible.

La dextérité parfaite de Jamell ne s’est pas acquise du jour au lendemain. Ayant fait ses armes sur GTA San Andreas, le futur rappeur décide de se perfectionner en 2015 en ouvrant le feu sur sa petite amie de l’époque (qu’il jugeait trop moche pour avoir le droit de sortir avec lui) ainsi que sur son meilleur ami (à qui il devait 5$) à proximité du lycée de Vero Beach. Il ne blesse cependant aucune des deux cibles qui s’étaient retournées à temps ce qui a eu pour effet de bloquer psychologiquement Melly qui s’interdit de lui même de tuer une personne lui faisant face. YNW Melly aura cependant sa revanche 3 ans plus tard en parvenant enfin à tuer ses premières victimes innocentes et sans défense. A noter que le rappeur ne tue jamais des inconnus mais seulement ses plus fidèles proches ce qui correspond au code moral héroique de tout rappeur qui se respecte.

YNW Melly gun

« Jamais de face » tel est le code d’honneur des YNW.

YNW Melly doit-il ressortir libre de son procès ?

A la lecture des exploits de YNW Melly et en honneur de l’ensemble de son œuvre, nous sommes légitimement en position de nous demander si le rappeur doit-être libéré.

Espérons que les malencontreuses morts des deux amis de Jamell, qui étaient de toutes façons des YNW bien moins talentueux, soient vite effacées de nos mémoires. Ce sont les aléas de la vie, des « faits divers » comme diraient Kassovitz et autres grands réalisateurs français de drame sociaux. La vie de Melly est un drame à part entière qui doit cependant reprendre son cours normal car on attend qu’il nous ponde d’autre classiques.

Allez acquitté tiens. J’ai même cru l’entendre dire « wallah ».

Article rédigé par : Gunther