Vous devez go expat :
Nous avons enfin sauté le pas. A force de péricliter en slibard dans notre chambre puante depuis notre région française natale pluvieuse et dreameuse, nous avons fois décidé d’entendre les conseils des nombreux experts expats d’internet, qui eux périclitent en slibard dans leurs chambres puantes mais depuis Tokyo ou Bali (ce qui change tout).
Ces famosos experts sont appelés les « Go Expat » pour leur systématique tendance à répéter ces deux exacts mots sur chaque forum dans l’optique d’expatrier encore plus de leurs compagnons hors de France. Sous leurs recommandations, nous avons émigré en Asie du Sud Est le temps d’un reportage pour savoir si, oui ou non, l’Asie est vraiment l’El Dorado des français qui rejettent le French Dream mortifère pour privilégier l’Expat Dream salutaire.
La réponse ? Bah putain oui ils avaient raison ces cons en fait ! Voilà pourquoi ClodoNews change sa ligne éditoriale dès aujourd’hui et troque sa réputation de journal sérieux et impartial pour devenir un véritable organe de propagande au service du go expat. A travers cet article de qualité nous allons prouver par A+B que l’Asie est le meilleur continent du monde pour tout clodo aventurier qui se respecte ne se respecte pas :

Pourquoi l’Asie est le meilleur continent du monde ?
La liberté y est totale
Sans déconner, l’Asie c’est un jeu vidéo dont vous êtes le héros. On peut y faire exactement tout ce qu’on veut sans qu’il y ait une vieille voisine française hystérique de merde qui vienne nous rabâcher à tout bout de champs que chier dans la rue ou baiser derrière un scooter c’est « immoral ».
Je vous jure le bordel c’est un peu un mélange entre un GTA et un Far Cry (notamment ceux où on est sur une île paradisiaque pour zigouiller un dictateur local et aussi ceux où on choppe la malaria dès les 5 premières minutes de jeu).
Même les populations autochtones fonctionnent comme des PNJ par moment comme ce brave péon désœuvré de Palawan que je ne connaissais ni d’Eve ni D’Adam mais qui m’a confié la responsabilité de conduire son scooter pour… aller lui chercher à bouffer. Ce bougre m’a techniquement confié une quête secondaire avec un objet à récupérer (un œuf de poule avec un fœtus à l’intérieur, il faut que ça bouge encore un peu quand on le croque).
Après je pense m’être un peu fait niquer dans l’histoire car normalement à la fin d’une quête on obtient une récompense autre que des rires d’asiatique maléfiques non ? Une armure plus résistante ou de l’eau au moins un petit peu potable pour régénérer ma santé ça aurait été trop demandé ? Au Vietnam au moins, mon commanditaire, lui, m’avait offert la main de sa cousine qu’il voulait que je déflore dans un hôtel miteux du vieux quartier d’Hanoï en l’honneur de « l’amitié franco-vietnamienne ». Chose que votre gentleman a bien entendu poliment décliné car il n’aime pas trop quand les cafards de la chambre sortent du matelas pendant l’acte charnel (et viennent chatouiller le sexe là c’est trop chiant quand ça arrive ahah).
La nourriture y est délicieuse
– Ce sera tout honorable M. Ménès ? 
–Oui. Tout. 
L’expat Dream est également le Pierre Ménès Dream une fois en Asie car là-bas il est possible de manger de tout. Oui de tout sans exceptions. Le moindre être vivant est susceptible d’être capturé pour être ingéré et c’est ça qui fait la magie et l’inventivité de la gastronomie asiatique.

Des mets variés n’attendent que vous
Les embryons de volatiles, les intestins de n’importe quel mammifère, tout le gras du porc (concept intéressant aux Philippines : on jette toute la bonne viande du porc pour manger uniquement le gras), du chat, du clébard à la broche mais aussi des généreux fruits et légumes exotiques lavés à la bonne eau marron du robinet… Je ne peux que dire « Sah quel plaisir » et « cimer 首席 putain ! » lorsque je m’assois sur le tabouret en plastique taille enfant du premier streetfood rencontré.

Intestins d’animal quelconque
Il y a de quoi manger mais aussi de quoi boire. Et pour pas cher. En tant qu’amateurs de bières de clodos nous avons troqué la Perlembourg et la Maximator pour les fameuses bières locales telles que la Red Horse (8%), la Saigon, la Hanoi. Puis nous nous sommes embourgeoisés au point même de délaisser le houblon pour le typique alcool de riz avec les serpents qui baignent dedans et franchement ça vous réveille un kadav’. L’alcool de riz est servi à volonté dans tous les mariages au Vietnam et il est très facile de se faire inviter gratuitement. J’ai déjà fait 3 mariages sur le sol vietnamien en à peine quelques semaines, soit 3 fois plus qu’en France en toute une vie car je n’ai pas d’amis. Et les niakoués pensent toujours pouvoir vous niquer sur la résistance à l’alcool et sur le conflit de type guérilla, mais c’est une autre histoire, leur seul objectif est de détruire l’étranger en remplissant votre verre toutes les 5 minutes. Ils ne savaient cependant pas qu’ils m’affrontaient moi; une poche à gnole au corps composé à 90% de Vodka de marque… Vodka (oui elle s’appelle réellement comme ça à Aldi, vous savez c’est celle qui sent le dissolvant un peu). Résultat : j’ai fait rouler toute la famille du marié, les Nguyen, mais aussi toute celle de la mariée, les Nguyen, sous les tables avant de faire des squats sur leurs visages rougis en criant « NAPALM ». Après j’ai mâché le mélange de feuille de la grand-mère aux dents noires puis fumé le thuoc lao en bambou du mec de la sécurité avant de me réveiller sur des rails de train en mode transition à Trevor dans GTA 5.

Mais vous le savez, toutes les choses délicieuses que la vie nous offre ont leur terrible contrepartie. Manger en Asie c’est accepter le triste sort qui vous attend le lendemain matin sur le siège des cabinets. Un jour, un maître kébabier et philosophe de rue vietnamien m’a dit « Il faut rendre à la terre ce qu’elle nous a donné » après m’avoir servi ma commande. Si seulement mon esprit avait été éveillé à l’époque j’aurais pu saisir la clairvoyance de ses propos et le remercier pour ses sages paroles plutôt que de m’enfuir sans payer parce que je pensais parler avec le vieux fou du village. A défaut d’avoir pu ouvrir mes chakras ce jour là, j’ai sans conteste ouvert mon fion pour rendre à la terre ce que Jean Nguyen m’avait donné. Et si la tourista est déjà une épreuve difficile en soi, essayez donc de purifier votre corps quand vous êtes dans un bus de nuit sans chiotards au fin fond de la pampa et que vous devez attendre la prochaine station service (dans 6h à peu près) pour enfin expulser le bouillant liquide sur un trône couvert de pisse des 50.000 voyageurs avant vous, avec une chasse d’eau que vous devez vous-même remplir via le sceau à votre disposition et surtout sans putain de papier toilettes ni de jet d’eau qui vous rentre dans le cul comme au Japon (il est cependant possible de demander au gardien des chiottes des kleenex contre 20 pesos filipinos, justifiés pour financer la prétendue « maintenance » des WC. Putain de pays corrompu jusqu’au secteur des sanitaires).
Les femmes y sont délicieuses
Le mythe de l’asiat 10/10 n’est en fait pas un mythe. Qu’elle soit blanche comme un cul ou qu’elle ait la grande chance d’avoir le teint bronzé par le travail agricole dans les rizières sous 40° Celsius, qu’elle soit féminine à souhait ou transsexuelle jusqu’à la moelle, la femme asiatique est un délice de tous les instants qu’il faut consommer de manière éthique.
Bien loin du cliché des riches hommes blancs partant en Asie du Sud-Est car incapables de trouver une femme dans leurs pays d’origine, l’objectif de la rédac de ClodoNews était en fait de débunker l’économie de l’ignoble tourisme sexuel de l’intérieur. Pour cela nous avons joué les reporters infiltrés lors de notre expédition en Asie afin de s’immiscer incognito dans le moindre bordel ou « salon de massage » douteux que nous pouvions dénicher. Nous avions d’ailleurs embarqué notre cher confrère répondant au doux nom du « Roi des rats » (ça ne s’invente pas) avec nous afin de bénéficier de ses talents de reporter infiltré :
«Pour vous chers lecteurs, et dans un objectif purement informatif et éducatif bien entendu, j’ai infiltré un réseau de tourisme sexuel et de trafic d’enfants de l’intérieur. J’ai moi-même joué le rôle du client afin de comprendre tous les rouages de cette sinistre entreprise et croyez moi, ce que j’ai vu est révoltant. Ce que j’ai fait est… hmm ce que j’ai vu est terrifiant »
— Le roi des rats

Le résultat de notre enquête prouve donc que le tourisme sexuel est très méchant. Nous journalistes, en tant qu’alliés de la cause féminine, seront toujours les derniers remparts face à la barbarie et l’ignominie de cette pratique dégradante. Pour preuve de notre bonne foi : Nous n’avons jamais donné le moindre sou à une femme pour obtenir des faveurs sexuelles tout simplement car il est hors de question de payer pour du sexe AYAAA et puis quoi encore ? Ici tu baises gratos ou tu dégages. Et oui, nous pouvons fièrement dire que nous avons participé à l’enrayement de la prostitution des femmes en ne les baisant que de façon totalement gratuite. Et ça personne ne pourra nous l’enlever.
De plus, sans aucune intention de justifier les actes de la rédaction bien entendu, les travailleuses du sexe que nous avons pu interviewer se sont toutes dites comblées pas nos prestations. Oui je vous jure, y’en a même qui nous ont payé pour avoir utilisé leurs services et qui ont dit qu’elles nous recommanderaient à leurs amis ou à la famille. Là est le plus grand avantage à se rendre dans un pays où les femmes sont tellement habituées aux zguegs locaux que même nous, simples étrangers avec nos modestes 22cm au repos, paraissons comme Danny D leurs yeux.

?? Non mais ça t’étais pas obligé de le dire aux lecteurs enculé de roi des rats ?! Ce qui se passe en voyage d’entreprise reste en voyage d’entreprise. Ne l’écoutez pas, il doit être encore un peu jetlagué ahah…
La conduite y est un plaisir
Vous allez vite le remarquer une fois dans n’importe quel shithole d’Asie du Sud Est : le piéton est la pute de tout le monde.
Toutes les rues sont bondées de scooters, vélos, tricycles, side cars (bordel j’en avais pas vu depuis les films avec des nazis dedans) ou alors à contrario de bolides de putain de millionnaires mais pilotés par des putain de prolos qui ont du endetter leur famille sur 10 générations juste pour faire le kéké au volant d’une bagnole de luxe.
Et en plus que ça te trimballe des poules, que ça te trimballe des pastèques, des durians, des porcs de 400kg à l’arrière de la bécane et quand c’est pas le porc c’est la daronne et les 4 mioches qui montent tous sur la selle pour une petite virée en famille un peu à l’instar de nos gitans 100% français (à quelques pourcents près) qui rentrent à 10 dans la merco.

En prenant en compte le fait que tous ces joyeux drilles roulent sur la route aussi bien que sur le trottoir ou que sur les enfants à la sortie de l’école (vous me direz ils sont 15 par foyer donc… un de plus un de moins) et sans oublier que la plupart d’entre eux ont le permis sans jamais avoir passé l’épreuve car ils ont payé un autre type pour passer l’examen à leur place (no fake c’est mon chauffeur de taxi qui m’a raconté sa jeunesse), vous comprendrez alors qu’au milieu de tout ce foutoir être un piéton est synonyme d’être une cible de choix.
Il vous suffira alors de louer une bagnole, vite quitter le centre-ville chaotique et arpenter les routes de campagne paradisiaques pour slalomer entre les quelques bouseux qui roulent à 2 à l’heure sur leurs merdes. Nids-de-poule, chiens sauvages qui dorment sur l’asphalte brulante et ploucs qui veulent encore vous vendre des fruits pour je ne sais quelle raison… tout est susceptible d’arriver lors de votre roadtrip tant qu’il s’agit de quelque chose de plus ou moins improbable et c’est ça qui fait le sel de l’aventure.

Pas un seul cycliste citadin sah quel plaisir
Et si il n’y a plus assez d’argent pour louer un véhicule, il restera toujours la bonne vieille option de monter en douce sur un camtar pour se faire transporter dignement comme le riche colon, las de salir ses souliers, que êtes. Tel un nabab, j’ai pu défiler au milieu des villages autochtones sur le toit de mon carrosse, saluant la plèbe d’un dédaigneux geste de la main tout en me rappelant mon enfance et mon sacre de Miss Périgord 2013 (nous étions déjà en avance sur les questions d’inclusivité et de transidentité). L’adoration du peuple était telle que les enfants me jetaient des cailloux en guise d’offrande, sûrement une énième coutume locale vaudou à la con comme ils adorent tant, et que les adultes me filmaient en riant de bon cœur pour garder une preuve vidéo que dieu existe vraiment (sous ma forme) à la manière des indigènes du Nouveau Monde découvrant Tulio et Miguel pour la première fois dans la Route d’El Dorado.

Je reste persuadé qu’il y avait encore de la place dans le bus mais qu’ils ont juste voulu m’humilier sur la seule base de ma couleur de peau.
Ah oui et les paysages, la culture… bref tout ça c’est pas mal aussi
Mais revenons à la partie la plus importante de l’article, la culture, qui est ce pour quoi nous avons réellement voyagé. Non parce que là à nous lire on croirait presque qu’on a effectué 11000 kms juste pour bouffer et baiser. Qui fait ça en vrai ahah ?
Bref l’Asie c’est aussi un environnement magnifique pour tous les amateurs de faune et flore qui souhaitent un dépaysement total en découvrant des animaux sauvages complétement différents de ceux que l’on peut croiser dans le 93. On alterne entre la plongée dans les massifs coralliens parsemés de capotes usagées et autres déchets au gravissement de montagnes peuplées par d’anciennes tribus, normalement inactives de nos jours, de chasseurs de têtes tout en passant par l’exploration de caves avec un tour guide bourré comme un cochon dès 8h du mat et qui assure notre sécurité en toute décontraction (et qui répète toutes les 5 minutes d’un ton qui inspire grandement confiance « que vous les touristes vous avez beaucoup de fric » et « qu’on peut le suivre dans les recoins sombres de la grotte pour des visites additionnelles« ).





D’habitude je suis aigri sur tout dans ce journal mais en fait c’était trop beau pour une fois je peux rien dire…
La culture est empreinte de vestiges de l’époque coloniale européenne, y’a pas à dire on a vraiment fait du bon boulot là bas. Toutes nos richissimes villas et nos majestueux ponts nous rappellent qu’avant notre arrivée dans ces contrées lointaines, ces parodies de pays étaient totalement finitos comme le PSG avant l’arrivée de Zlatan. Malheureusement depuis notre départ la civilisation se délite petit à petit. Regardez moi l’état du réseau ferroviaire vietnamien et du réseau téléphonique des campagnes aux Philippines, j’ai eu énormément de mal à poster mes selfies et lire le dernier ouvrage de LénaCirconcision lors de mon trajet en train. Si je ne peux pas montrer à mes followers que je suis en plein voyage, à quoi tout cela sert-il ?
Le guide du voyageur clochard éthique en Asie
Nous sommes venus, nous avons vu et nous avons bu. Voilà pourquoi nous Claude, Freddy et les autres membres moins importants de la team nous sentons tous sens investis d’une grande mission et nous engageons à revenir régulièrement en Asie du Sud Est pour apporter nos précieux savoirs et l’art de vivre à la française aux populations indigènes. Il s’agit d’un véritable travail d’évangélisation que seul nous, du haut de notre bagage intellectuel et éthique conférés par notre profession de journaliste, puissions accomplir sans faire honte à ma nation.
Grâce à cet article vous avez pu lire tout ce que nous avons accompli et je sens que beaucoup d’entre vous vont s’en inspirer pour, vous aussi, voyager de façon morale comme nous l’avons fait dans le respect des habitants et de leurs prostituées. Ne soyez pas comme ces backpackers qui puent car ils refusent de payer un homestay avec des douches ni comme ces gros lards de touristes américains qui lâchent 50$ dans une noix de coco et qui dérégulent ensuite les prix du marché en faisant passer tous les étrangers pour des maxi pigeons. Ne soyez pas non plus comme le Roi des rats car, en toute confidence, il fait que baiser des mineures dès qu’on a le dos tourné et j’ai ouï dire qu’il aidait les gangs de rue de Da Nang à capturer des chiens mignons et gentils pour les manger (alors que dans la culture Viet on ne mange que les chiens méchants). Après je dis ça sans aucune volonté de le cancel juste parce qu’il fait le moralisateur en vidéo hein, je suis pas du tout comme ça vous me connaissez et ce type de Youtuber ne me débecte absolument, mais alors absolument pas.
Entourez-vous plutôt de potes autochtones car ils connaissent toutes les techniques pour se fondre dans la masse et c’est uniquement comme cela que vous pourrez faire de la merde un peu partout sans trop vous faire tuer par la milice locale. Car faire de la merde partout où l’on passe c’est la marque du français mais surtout, c’est la philosophie de notre journal.
Article rédigé par : Claude

test