Bières de clochards
Investie d’une grande mission, il était temps que l’équipe de ClodoNews se sacrifie pour apporter la réponse que l’humanité attend patiemment chaque jour : Quelles sont les meilleures bières de clochards ?
Souvent moquées, mais paradoxalement très prisées, pour leur goût infect et leur teneur en alcool à la limite de la légalité, les bières de clodos font partie intégrante de la culture prolétaire et se doivent d’être répertoriées méticuleusement en ligne.
Nous chez ClodoNews, comme on est pas des impostures de journalistes mainstream qui copie-collent leur contenu en plagiant d’autres sources, quand on teste un produit on le fait jusqu’au bout. Alors on a pendant longtemps arpenté toutes les épiceries de France (et de l’étranger) en quête des plus légendaires bières de clochards pour les boire en entier afin de faire honneur au savoir-faire de nos artisans et brasseurs qui ne comptent pas leurs gouttes de sueur pour que nous, simples sans-abris, puissions nous bourrer la gueule pour pas cher. Voici donc pour vous chers lecteurs, une analyse détaillée des bières de clodos que nous avons pour l’instant pu déguster (l’article sera incrémenté de nouvelles entrées grâce à de toujours plus belles découvertes gustatives à l’avenir) :
La Koenigsbier – 4% – 1€20 chez Carrefour Market
L’impression de boire un Transformers.

Design :
A première vue, la cannette Koenigsbier n’a rien d’inquiétant. Le code couleur vert et rouge est très original et ne rappelle absolument pas celle d’une plus grand marque, telle que Heineken à tout hasard, et cloue le bec à tous les détracteurs qui accuseraient Koenigsbier de surfer sur la notoriété de ses concurrents pour vendre plus de produits. Franchement de loin, on pourrait presque croire que la Koenigsbier est une vraie bière !
Puis en se rapprochant un petit peu, on aperçoit que la marque a bien insisté sur la traduction de « bière blonde » dans quatre langues différentes. Est-ce une appréciable ode au cosmopolitisme ? Ou bien une répétition intensive de la description du produit un brin alarmante quant à sa qualité ? C’est comme si le brasseur lui-même voulait se convaincre que son breuvage est bel et bien de la bière. Voilà qui est peu rassurant donc, d’autant plus que si il ne l’avait pas précisé on ne l’aurait pas forcément remarqué à la dégustation pour tout vous avouer…
Goût :
Un véritable fond de cuve de bière, c’est comme cela que l’on pourrait décrire le goût si particulier de ce saint breuvage qu’est la Koenigsbier.
Les amertumes métalliques nous rappellent subtilement que notre Koenigsbier a maturé pendant des années au fin fond de la cuve de l’industriel fou qui en est à l’origine. Sans déconner on a eu l’impression de boire de l’eau mélangé à… De la rouille ? J’ai l’impression qu’il y avait même des morceaux de la canette qui se détachaient et flottaient dans la solution acide par moments.
Donc bon on va pas se mentir, la Koenigsbier est loin d’être la Rolls Royce des bières pour les clodos qui recherchent l’élévation sociale. Peu raffinée, étrangement neutre en houblon et même neutre en saveur, la Koenigsbier verte à 4% n’a absolument aucun intérêt gustatif et, étant est si faible en alcool, elle n’a même pas d’intérêt au niveau de la défonce. La rédac déconseille fortement et tentera le tout pour le tout pour se faire rembourser par le brasseur en personne car chaque denier compte.
Rapport défonce-prix :
L’amertume est encore plus forte lorsque l’on sait qu’on a payé cette immondice 1€20 chez ces enflures de Carrefour Market (il n’y avait pas de Lidl aux alentours).
Autant dire qu’on s’est bien fait baiser la gueule si on rajoute à ça le fait que notre Koenigsbier était celle à 4%, soit du pipi de chat, et que c’est pas avec si peu d’alcool qu’on va pouvoir faire dodo confortablement au chaud sous un pont.
La note : 💉/5
On attribuera seulement 1 seringue usagée sur 5 à la Koenigsbier. Trop neutre pour être appréciée à part par les ouvriers en métallurgie, trop chère pour le clodo moyen (du moins chez Carrouf’) et surtout trop faible en alcool pour donner ne serait-ce qu’une envie de gerber qui ne soit pas due au goût en lui-même, la Koenisgsbier n’a rien pour elle.
La 8.6 EXTREME – 10.5% – 3€20 chez ces voleurs de Carrefour Market
Cette bière rend mon mari débile… Son emballage est viril, un peu trop même.

Source photo : pas nous. J’étais occupé à boire et j’ai oublié de photographier ma 8.6 pour l’article avant de la jeter à l’arrière du tram sur les familles de touristes
Design :
Tous les marketeux vous le diront : le gris est la pire couleur que vous puissiez choisir pour habiller votre produit alimentaire. Tout simplement car le gris provoque le dégout du consommateur qui ne peut décemment associer cette couleur à un aliment un tant soit peu comestible. Mais tout cela, la marque 8.6 s’en bat allégrement les couilles et pose d’ailleurs ces dernières sur la table en assumant fièrement sa canette de couleur béton armé / ciment bon marché.
Le ton est donné, avec la 8.6 EXTREME vous n’allez pas boire du sirop multicolore pour la toux de tafiole. A la place, vous allez ingérer du pur concentré de matériel de chantier qui nous rappelle nos meilleurs après-midi bricolage avec la perceuse Parkside. Non mais regardez moi cet engin une fois en main, un épais et long contenant phallique de 500ml d’une froideur extrême. La gueule de loup en plein milieu est probablement le meilleur argument marketing possible. En tout cas, pour moi personnellement, je n’aurais pas acheté cette bière si il n’y avait pas un loup dessiné dessus. Sa présence me permet de m’identifier à ce noble animal qui est une bête de type alpha tout comme moi. Quand je bois ma 8.6 à la lueur des lampadaires de ma ville, je me sens comme un chasseur solitaire en quête de poubelles d’ordures ménagères encore fraîches.
Goût :
La 8.6 a une certaine réputation de légende à défendre. Beaucoup de clodos la considèrent en effet comme la plus grande bière de clochards de tous les temps. Verdict ?
Il y a toujours un petit goût métallique lorsque le liquide pénétre en bouche mais il est très vite rejoint dans un second temps par un parfum de peinture industrielle, ou de cirage à chaussure, c’est encore difficile à déterminer. Parfois ça se rapproche même de la saveur d’une Vodka bon marché, ce qui est un phénomène assez inexplicable pour une bière. Cet audacieux mélange n’est au final pas aussi dégueulasse qu’on pourrait le croire et en devient même presque addictif.
Je crois bien que c’est là que réside la particularité de la 8.6 EXTREME. Ce breuvage transcende l’état de bière pour devenir une sorte de potion magique, un fourre tout de composants et ingrédients hétéroclites que l’on aurait jamais cru un jour pouvoir réunir dans une seule et même cannette. Je peux le dire sans hésitations : la 8.6 est une bonne bière de clochard mais elle requiert une certaine éducation du palais pour être appréciée à sa juste valeur. Je n’ai toutefois pas testé les 8.6 inférieures en dosage d’alcool car je ne voulais pas passer pour un PD face à la caissière de Carrefour qui a sûrement été impressionnée par mon courage (et par mon hurlement de loup) en me voyant rassembler mes derniers centimes pour acheter ma 8.6 EXTREME.
Rapport défonce-prix
Encore une fois, ça m’a couté un bras. Cette putain de bière coute 3€20 à Carrefour Market (n’allez jamais chez ces extorqueurs, ils vous tiennent par les couilles). Il faut dire que ces brasseurs peu scrupuleux ont bien fait augmenter les prix quand ils vont vu que la jeunesse bobo des années 2000 se sentaient hype en buvant de la bière qui était pourtant réservée aux clochards comme nous à l’époque.
Quand on achète une 8.6, on achète un lifestyle, on achète un marqueur social. Cependant la défonce reste bien tangible. Quand on arrive aux 3/4 de la canette, on se sent déjà réchauffé et prêt à affronter une longue nuit d’hiver dans la ruelle la plus proche. Le mieux reste encore de boire sa 8.6 un soir de pleine lune pour profiter pleinement des propriétés animales de la bière et se transformer en véritable loup garou. Ca ne sert pas à grand chose mais c’est stylé.
La note : 💉💉💉💉/5
C’est un joli 4 seringues usagées sur 5 que l’on attribuera à notre 8.6 EXTREME. Le goût tient la route et l’addiction est si prégnante qu’elle renforce notre alcoolisme pour encore 25 années au moins. Le seul point noir est le prix, un peu trop élevé même si je suis sûr qu’on peut la chopper pour moins cher dans un magasin plus éthique.
La Perlembourg Strong – 7.8% – 0.93€ chez LIDL
Une chauffante qui vous rappellera vos après-midi de farniente sur le parking de LIDL

Design :
Wow ça claque ! Non mais regardez-moi ça ! Ca c’est ma bite après 3 mois de Xanogen et de Nitro XL Ca c’est la puissante bière STRONG de la brasserie, que dis-je la brasserie, de la véritable institution Perlembourg de chez Lidl !
Contemplez ce contenant noir et rouge, de forme phallique et avec un lion qui rugit dessus et osez me dire que vous ne vous sentez pas homme après avoir vu cette canette et surtout l’avoir tenue en mains pour ressentir sa dureté, sa vigueur, son toucher presque veineux…

Autre détail qui a son importance si on se donne la peine de retourner la cannette avec de la boire trop rapidement sous l’effet de l’excitation; on peut lire que la Perlembourg strong a été brassée conformément à la loi de pureté de la bière allemande. Comme tous les historiens le savent, les allemands ont toujours été très attachés à la pureté. Voilà donc qui nous rassure au moment de consommer notre bon breuvage Deutsche Qualität.
Goût :
Dès la première gorgée, la Perlembourg vous envahit. C’est une véritable explosion de saveurs et de textures en bouche, comme dirait mon ami Jarry de TF1. Les traces de malt d’orge sont tellement distinctes et confère tout le charme de ce breuvage exquis à souhait.
Tout cela grâce au brassage qui respecte scrupuleusement la loi de pureté allemande. Je sens tellement la loi allemande dans le fond de ma gorge que j’ose dire « Ja » et « Schnell » il me faut encore plus, toujours plus, de ce délicieux breuvage au fond de ma panse.
Rapport défonce-prix :
« Sens la puissance de la Perlembourg STRONG 7.8% Kronk » ce à quoi je répondrai : « Oh, on l’a sent bien« . Car oui, la Perlembourg STRONG tu l’a sens bien. Et pourtant je ne suis pas de la jaquette, loin de moi toutes ces fantaisies. Mais goddamn les gens comme dirait Tibo, j’ai pris une belle chauffante en buvant ma Perlembourg STRONG à 13h du matin (l’heure du réveil, il faut toujours consommer sa bière de clochard à jeun).
93 centimes franchement foncez ça fait le taf. Vous en prenez 4-5 et vous pourrez vous faire une bonne soirée de charognard pendant que tous vos potes boiront leurs alcools hors de prix qui ne qui ne bourrent même pas la gueule. La Perlembourg, elle, bourre.
La note : 💉💉💉💉💉/5
C’est un 5/5 en ce qui me concerne, c’est pas cher, plutôt fort et ça donne des radiations nucléaires à chaque gorgée. Que demander de plus?
La Bière Blonde (oui elle s’appelle juste comme ça) – 4% – 0.60€ chez LIDL
Une bière qui se contente d’être une bière, une bière blonde pour être précis.

Design :
J’ai un avis contrasté sur le design de cette canette. Le mélange du jaune pisse, qui rappelle la beauté de la robe de la bière, et du bordeaux, qui rappelle la beauté de la robe du vin rouge mais cela n’a rien à voir dans le cas présent, est assez plaisant visuellement. De plus, j’apprécie le trompe-l’œil intelligent des couleurs : De loin le bas de la canette pourrait presque nous faire penser à un Coca Cherry alors qu’en fait non, quand on se rapproche on se dit fatalement : « Ah non ! C’était en fait une bière blonde ahah j’avais pas vu ! Bien joué. » tandis que le haut tout jaune vif fait plutôt penser à un produit du rayon entretien ménager et là on ne peut que déclamer : « Oh non ce n’est pas un JEX nettoyant et dégraissant multi usage dont sols et surfaces au parfum Pays Niçois mais bien une bière blonde ! Je peux donc la boire en toute tranquilité, vous m’avez bien eu Lidl !«
Cependant je déplore le manque d’informations présentes sur la bière. Il y a seulement écrit « Bière Blonde » dans une police de texte qui fait vraiment cheapos et qui me rappelle mes meilleures heures de bureautique sur Microsoft Word. Ca vous met en confiance ça vous ? Heureusement que j’aperçois 3 étoiles en bas, ce qui est forcément un gage de qualité acceptable. Ils auraient pu mettre 5 étoiles mais cela aurait été de la vantardise, la bière blonde est consciente de son niveau et ne cherche pas à impressionner plus que de mesure. Je respecte cela. Enfin, j’aperçois la mention « Goût léger et savoureux », ne t’avances pas trop là dessus, marque, c’est à moi d’en juger en tant que consommateur.
Goût :
Bon, ça ne casse pas trois pattes à canard. J’ai l’impression de boire de l’eau gazeuse parfumée à un exhausteur de goût pour le moins… indéfini. Je peux cependant noter une délicate sensation d’amertume dans le fond de la gorge, un peu comme quand on a la gueule desséchée après une giga cuite le lendemain, sauf que là c’est pas le lendemain mais c’est directement dès ingestion du liquide. Après, qu’est-ce que qu’on pouvait attendre de la bière blonde qui s’appelle textuellement « Bière blonde » de chez Lidl me direz-vous ? Commençons au moins par parler du point fort, car oui il y en a (un), de ce produit : Quand c’est bu très frais et bien c’est très rafraichissant.
Voilà maintenant abordons le gros point négatif de cette bière qui est tout simplement sa saveur, ou plutôt son manque de saveur. Alors je sais que j’ai un palais de doberman insensible depuis j’ai ingéré bien trop de choses mystérieuses au cours de ma vie, sans compter l’époque ou je fumais mes cigarettes par les narines (on peut en fourrer 16 à la fois si on a des gros orifices) mais quand même Lidl, qu’est-ce que t’as fait là ?
Lidl t’as craqué ou quoi ? Depuis que j’ai gouté ta bière je suis dévasté. JE SUIS DÉVASTÉ. Je comprends pas, t’as des viennoiseries qui troue le cul, on avait la même attirance pour les meuleuses ParkSide, on s’est parlé, je pensais que t’étais une marque bien… Mais c’est quoi cette bière sans gout ? Qu’est ce que tu caches sous ton sourire ? Ca va pas là. Tu touches plus aux bières de clodos ok ? C’est comme si tu frappais un sdf. Ca va pas du tout là Lidl faut que tu te reprennes il faut qu’on t’enlèves tes stocks. Je suis tellement déçu.
Rapport défonce-prix :
60 centimes la canette chez Lidl. Le prix pratiqué est honnête. Même avec un maigre pécule, à peu près tout le monde est en capacité de se procurer la bière blonde. Mais pouvoir est une chose, le vouloir en est une autre.
Certes c’est pas cher, mais encore heureux. Il n’y a que 4% d’alcool dans cette pisse. Le reste est composé d’extrait de malt, d’extrait de houblon et d’extrait d’eau (l’eau arrive en premier dans la liste des ingrédients sur le packaging d’ailleurs ce qui pour tout connaisseur est un très mauvais signe). Autant dire qu’il n’y a rien pour défoncer un vrai saoulard avec cette blague de breuvage que je qualifierai même pas de bière mais plutôt d’extrait de bière.
60 centimes c’est donc déjà trop si vous avez pour intention de vous servir de cette canette pour la boire. En revanche, si vous oubliez la fonction désaltérante de cette pisse d’âne et l’utilisez plutôt pour en faire un piège à guêpes et frelons l’été dans le jardin alors là ça vaut le coup ! La bière blonde de Lidl est un parfait insecticide.
La note : 💉/5
Une seringue usagée sur cinq, c’est tout ce que ça vaut. Aucun intérêt, pas de goût, pas de sensation d’ivresse. A recommander aux collégiens puceaux qui font leur première folie à la sortie des cours, le même type d’énergumènes qui achètent le tabac Rasta parce que y’a un dessin de jamaïcain sur le paquet et qui pensent être défoncés en fumant ça.
La Bière du Démon – 12° – 1€87 chez Super U
Elle prend possession de toi, ton père, ta grand-mère, ta femme, j’la fais tapiner dans le 9.2

Design :
La bière du démon porte bien son nom car sa canette renferme factuellement une entité mystique démoniaque qui vit en totale autarcie dans son métal rouillé et n’attend que de pouvoir se jeter dans la gorge du premier S.D.F venu pour en prendre possession. Et je vous raconte pas des conneries ! J’en veux pour preuve que ma bière du démon a littéralement explosé d’elle-même dans ma bagnole (no fake, photo) juste après l’avoir acheté. Je vous raconte pas le bordel, ça sentait très exactement la peinture industrielle dans tout l’habitacle, avec quelques embruns de sciure (?) bref le genre de saveur qui vous rappelle une ruelle de la pisse de Bayonne un lendemain de fêtes. J’ai perdu 1€87 pour cette merde explosive quand même donc votre serviteur ne s’est pas fait prier pour se garer en urgence et sauver le précieux substrat restant et ainsi vous offrir ce test que vous lisez aujourd’hui.
Bien que la canette soit défoncée suite à son implosion due à une intervention divine et certainement pas par le résultat des compétences en conduite de l’auteur de l’article, on note qu’elle a quand même du style. Regardez-moi ce packaging tout en or massif qui scintille lorsque l’on brandit la bière au soleil sur le parking de Super U (tout le monde fait ça pour affirmer son statut social). En plus le brasseur ne se fout pas de notre gueule et nous parle tout de suite de « plaisir diabolique » et de « l’une des plus fortes bières au monde« . Je ne sais pas vous mais moi si c’est écrit j’y crois. Mais surtout, c’est un tout petit détail qui m’a convaincu en tant que client au moment de l’achat : les yeux rouges du clodo athénien représenté sur la canette. Si il a les yeux rouge, cela veut tout naturellement dire qu’il a le démon en lui et que, par extension, qu’il n’y a pas de tromperie sur la marchandise et que le consommateur ingurgite réellement du concentré de démon à chaque rasade et, je dis ça je dis rien mais, je ne suis pas absolument pas quelqu’un d’un naturel influençable par la publicité.
Goût :
Le goût de la flaque de bière que j’ai léchouillé dans le coffre pour le nettoyer n’était franchement pas ouf mais, par contre, le fond de bière que j’ai pu boire à même la canette relevait un peu le niveau. On sent bien que la bière du démon a été ensemencée avec une levure que l’on pourrait qualifier de « spéciale ». Oui, spéciale car on arrive pas à identifier ce que sait en fait. Ca reste quand même archi sucré et comme dirait mon grand-père qui a fait la guerre d’Algérie et qui a des opinion politiques relativement affirmés : « Le sucre c’est comme les PD, quand y’en a pas c’est un peu fade mais quand y’en a trop c’est imbuvable« .
En bref c’est pas le truc le plus dégueulasse que l’on se soit infligé mais c’est pas non plus la panacée du sans-abris assoiffé.
Rapport défonce-prix :
Bon au moins avec 12° d’alcool dans le gosier on peut pas se plaindre de la petite défonce qui arrive assez rapidement. Je n’ai pu boire qu’un quart de la canette en plus avec toutes mes mésaventures et pourtant ça a suffit pour griller quelques neurones et me mettre bien. Ca a probablement été la pause conduite la plus relaxante de toute ma vie avant de reprendre le chemin de la maison.
Néanmoins, la bière du démon ne vaut pas son prix en grande surface. J’ai du mal avec tout ce qui dépasse les 80 centimes, j’ai même du mal avec tout ce qui dépasse le concept de gratuité un peu mais bon, c’est un autre sujet. Soyez bon prince tout de même, si j’avais pu me siffler la canette entière je serai peut-être moins regardant sur les 1€87 qu’il faut lâcher pour se procurer la bière du démon.
La note : 💉💉💉/5
En l’honneur de la défonce qualitative et des yeux rouges sur le logo, j’accorde 3 seringues usagées à la bière du démon. Pas plus parce que y’a pas non plus des pouvoirs païens qui apparaissent pour le buveur et que le prix + le goût n’en valent pas la chandelle.
La DelRio bière – 5.9° – 1€49 chez ALDI
Il me semble déjà l’avoir vu quelque part

Design :
Ca me taraude vraiment mais je suis pratiquement sûr d’avoir déjà vu cette bière quelque part, mais avec un autre nom. Étrange mais passons. J’accorde ma confiance à la DelRio bière, qui m’a l’air d’être un produit tout à fait authentique et original avec un concept unique en son genre : mélanger de la bière et de la tequila. Quel autre marque aurait bien pu penser à faire ça avant ? DelRio est donc une bière disruptive sur le marché. Ils sont forts ces mexicains. Car oui, la DelRio nous vient tout droit de l’outre-Atlantique comme le démontre le sombrero sur le logo.
Le design est donc coloré et festif et rappelle subtilement ses origines mexicaines. C’est la bière des cartels et, entre nous, avouez que vous avez un peu envie de devenir un Sicario à la seule vue de ce packaging extravagant ? On l’a tous pensé non ? Enfin moi oui en tout cas.
Goût :
Aie… Coup dur pour DelRio. A vouloir jouer sur tous les tableaux et combiner trois saveurs différentes, cette bière n’a au final ni goût à la bière ni la tequila et encore moins la cachaça qui ne dead pas ça baby.
J’ai juste l’impression que les moustachus ont versé des sacs entiers de sucre dans leurs cuves pour vendre ça aux gringos et les faire craquer psychologiquement pour qu’ils paient la rançon pour leur proches capturés par les Zetas au détour d’un voyage en bus touristique à Guadalajara. C’est vraiment de la chiasse qui s’apparente plus au liquide de E-cigarette (ne me demandez pas comment je sais ça) qu’a une quelconque forme d’alcool.
Rapport défonce-prix :
Vous êtes bourré en buvant de la bière aromatisée vous ? Sérieusement c’est de la pissette. A ne recommander qu’aux femmelettes ou qu’aux ahuris qui se collent les mains au goudron sur l’autoroute pour chouiner quand on abat 3 piafs sur une zone naturelle protégée (ils sont les mêmes personnes au final).
La note : 💉/5
C’est censé être une bière joyeuse quand on regarde le packaging mais au final ça à la même gueule que le sanglier à la menthe du Rieur Sanglier dans l’assiette d’Obélix : c’est déprimant et dégueulasse, c’est totalement britannique gustativement parlant. Une seringue usagée sur cinq en guise de note.
La Walberg – 4% – 0.60€ chez Super U
Mais… C’est de l’urine ?!

Design :
J’ai toujours appris à me méfier des patronymes se terminant en -berg, cependant, la Walberg inspire à priori confiance à première vue. Des couleurs blanches et vertes qui se marient bien, un logo pas franchement compréhensible mais il y a une couronne de laurier (donc c’est infiniment stylé comme l’empereur bien entendu) et une police d’écriture Ok tier. Et surtout, il y a écrit « Premium Quality » en haut de la canette ! Ca n’annonce que du bon. Découvrons cela tout de suite :
Goût :
Comment noter le goût de la bière Walberg ? Elle est totalement dépourvue de saveur, il n’y a rien à évaluer. On a juste l’impression de boire de l’eau, de l’eau de pluie en plus au vu de l’acidité. Alors à part si on a vraiment très soif, du genre à l’article de la mort au milieu d’un désert et qu’on a absolument besoin d’un liquide, n’importe lequel, afin de survivre, la Walberg n’a absolument aucune utilité. Elle ne sert à rien. A la limite elle aurait pu elle aussi partir dans les pièges à frelons pour le jardin mais je ne suis tout de même pas un monstre. Même les insectes ne méritent pas ça.
Rapport défonce-prix :
Pas de goût, pas de défonce avec ses pauvres 4% d’alcool. La Walberg est si triste qu’elle ne mérite même pas ses 60 centimes, c’est dire… Autant se prendre un cubi de rouge dans le même rayon et votre après-midi sera bien mieux rentabilisée.
La note : 💉/5
Une seringue usagée sur cinq pour cette parodie de bière.
La Amsterdam Maximator (Maxi Intense) – 11.6% – 1.92€ chez Super U
Tellement bonne qu’elle m’a fait prendre des péchés wallah

Design :
Elle est belle pas vrai ? Franchement j’ai moins honte de sortir dans la rue avec ma canette de Maximator qu’avec ma femme. Regardez-moi la prestance de ce long tube vert qui s’érige fièrement dans le jardin (j’ai fait bac littéraire donc j’aime m’allonger pied nus dans le moindre espace vert que je vois. Je suis actuellement à la recherche d’un emploi).
Fun fact, je ne sais pas si vous l’aviez remarqué : il y a un bateau dessiné. Cela veut donc tout naturellement dire que cette bière était destinée aux marins virils à l’époque. Normalement une personne comme vous et moi, qui n’a jamais navigué en eaux dangereuses dans sa vie, n’a pas le droit de boire ce breuvage façonné pour les vrais hommes de la mer. Cependant les temps ont changé et tout s’est démocratisé. On voit même des gros ploucs se tatouer de la tête aux pieds pour jouer les taulards alors qu’ils ont pourtant des têtes d’employés de bureau impuissants qui se faisaient sûrement taper au collège pour leurs tronches de cons. Que voulez-vous, il faut accepter les bouleversements sociétaux et accepter que la Maximator participe à son échelle à la décadence occidentale.
Goût :
Vous avez déjà été à Amsterdam ? Et bien pas moi mais qu’est ce que j’en ai à foutre ? J’ai déjà tout le goût de la ville en bouche dès la première gorgée. Car oui, la capitale hollandaise à clairement une saveur de caramel chimique et de réglisse reconnaissable entre toutes. On peut-être un sale SDF de compèt mais avoir tout de même des papilles gustatives développées qui exigent un certain niveau de saveurs. On est pas des chiens que diable.
Rapport défonce-prix :
Avec ses 11,6° d’alcool, la Maximator est la bière la plus puissante de la marque Amsterdam. La firme possède d’autres bières avec des noms qui se finissent en -or mais qui sont beaucoup plus légères en termes d’alcool et qui, par conséquent, ne nous intéressent absolument pas. La Maximator, elle, procure une bonne bourre dès la première canette surtout quand on l’estomac vide car pas d’argent pour se restaurer avec de la bouffe solide. Il faut tout de même débourser près de 2€ pour obtenir cette divine décoction ce qui n’est donc pas donné à tout le monde. Etes-vous prêts à vivre à crédit juste pour boire de la bonne bière de clodo ? Nous oui perso, mais ce n’est pas un concours.
La note : 💉💉💉💉💉/5
Je vais faire une entrave au règlement de cette très sérieuse liste des bières de clodo en outrepassant le facteur prix pour accorder le premier 5/5 seringues usagées pour la Maximator car franchement elle est bonne et elle défonce bien. Même une personne avec une situation stable et un domicile fixe pourrait tomber amoureux de cette boisson.
La Karlsquell – 5% – 0.89€ chez Aldi
Imprononçable, inavouable, imbuvable ?

Design :
Comme la majorité de ses congénères, la Karlsquell s’accapare le code couleur vert. Probablement car il est de notoriété publique que le secteur de la bière est éminemment éco-friendly et surtout bon pour la santé comme le rappelle cette belle couleur végétale qui ne garantit que des ingrédients naturels. Mis à part cela, la Karlsquell ne dispose d’aucun élément qui saute à la gueule pour te faire dire « Qu’est-ce que tu bois ? Ah mais attend je la reconnais entre mille; C’est une Karlsquell !« . C’est juste vert quoi, les reflets argentés peuvent se distinguer sous le soleil caniculaire certes mais il n’y a même pas de logo stylé si ce n’est ce petit bidule rouge au milieu. Ca ne donne pas envie de la boire si on se base uniquement sur un point de vue marketing.
Goût :
Et nous aurions bien raison de nous baser uniquement sur l’apparence car bien évidement, la Karlsquell est une bière simpliste, sans amertume, sans goût et sans intérêt. Pas assez bonne pour être notable mais même pas assez infecte pour qu’on puisse se foutre de sa gueule. C’est un peu comme les gonzesses 5/10 du lycée dont on parlait jamais même si on était tous en chien. La Karlsquell c’est pareil. On ne l’envisage même pas même quand il fait très soif. Elle reste tout de même moins immonde que d’autres, on fait avec ce qu’on peut j’imagine.
Rapport défonce-prix :
Vous vous en doutez, avec une bière à 5° on repousse pas les confins de la folie. C’est une bière de road trip en gros, à boire en conduisant pour s’occuper juste histoire de faire passer le temps avant de se bourrer réellement la gueule plus tard. Bien heureusement elle ne coute que 89 centimes et peut donc être achetable après seulement une petite dizaine de minutes de mendicité devant les portes du magasin.
La note : 💉💉/5
Allez on va mettre 2 seringues usagées. Merci pour ce moment Karl Squell. Tu ne resteras pas dans les anales mais on va non plus te chier dessus vu que ça couterait plus cher en PQ que ton simple achat.
La Steinburg – 4,8% – 0.37€ (33cl) chez Mercadona
Le vrai goût de l’Espagne

Design :
La Steinburg dispose d’une canette riche en informations. Beaucoup trop de texte pour annoncer une bière dont on sait déjà qu’elle sera de la bonne pisse tiède à 30 centimes. Regardez-moi ça on ne sait plus où donner des yeux. On est au club de lecture des salopes mal baisées qui veulent se donner un genre intellectuel en lisant 50 nuances de Grey où on est là pour se démonter la gueule en bonne et due forme ? Sérieux j’ai pas que ça à foutre de déchiffrer vos hiéroglyphes. Nous notons donc un gros problème de positionnement de la marque auprès de ses consommateurs rien que par son packaging.
Goût :
Un sentiment de surprise nous envahit à la première dégustation de Steinburg. En effet, pour un produit espagnol, la bière ne nous parait même pas si dégueulasse que ça et est presque raffinée avec des touches de houblon notables. Bizarre non ? Regardons où est-elle brassée… Ah Champigneulles en France. Et oui, j’aurais du me douter que ces tâcherons d’espagnols étaient incapables de produire quelque chose de goûtu et se devaient d’importer nos bières de clodos pour approvisionner leurs magasins de prolos.
Franchement, la Steinburg passe bien au départ. Elle devient étrangement très vomitive après plusieurs semaines de vacances en étant la seule boisson présente à table. Non pas pour sa teneur en alcool mais bien pour sa saveur qui devient répugnante et physiquement intolérable. A consommer avec modération donc.
Rapport défonce-prix
La cannette à 37 centimes, le pack de 12 à a peine plus de 3€… y’a pas à dire les espagnols sont encore plus clodos que nous et même si la défonce est relativement dure à atteindre avec cette bière des plus légères, son prix permet de remplir tout l’arrière du camtar de Steinburg pour s’assurer des provisions pour de longs et mois et ainsi nourrir toute la famille.

Une bière plébiscitée par nos amis ibériques pour ses facultés supranaturelles
La note : 💉💉💉/5
En souvenirs de temps heureux passés chez les ploucs alcooliques qui battent la mujer devant le match de la Roja tout en buvant de l’huile pure passée dans la friteuse, j’accorderai 3 seringues usagées sur cinq à la Steinburg, la plus française des bières espagnole.
Tierlist finale des bières de clochards :

Les bières de clodos : un infinité de breuvages ?
Dans une société qui tend de plus en plus vers le prolétariat assumé (clodo lifestyle) et vers le masochisme, le succès des bières de clodo semble assuré. Diablement addictives, ces dernières nous ont laissé sur notre faim. Si en tant que lecteur vivant sous le minimum de richesse requise, vous avez des conseils de bières à tester et de magasins pour miséreux où se les procurer, n’hésitez pas à les indiquer en commentaires et la rédac se chargera de les gouter pour les ajouter à l’article.
Article rédigé par : Riton 

essaie la Bière blonde forte 10% – 50cl – EXTRA STRONG
C’est la grande sœur de la famosa « Bière Blonde » de LIDL ? Si au moins elle est à 10% on excusera le goût de pisse d’âne. Merci mon marlou
Plutôt la grande soeur de la Perlemebourg à 7,8°. Elle vaut bien 6 seringues. Comme la Karlsberg à 10° d’ailleurs. Probable qu’elles viennent toutes deux de la même cuve.
J’en salive d’avance
je préfère passer don mon Heineken puis la recycler après !
On se bourre la gueule uniquement après avoir écrit son commentaire svp
T’as grave raison pour la Amsterdam. Et la Maximator alors? Elle est délicieuse et pas chère (sauf chez ces voleurs d’épiciers basanés).
Côté Vosges on a la Carapils, bière du cassos qui fait 4 degrés: il faut la couper avec le Picon du clodo qui est un mélange d’alcool à brûler et de pelures d’oranges pourries ramassées derrière le Colruyt (magasin de cassos de l’Est).
La Maximator est excellente en effet, destinée aux palais raffinés.
Bordel il faut que je teste ça je salive d’avance. Moi tout ce qui est pelures pourries c’est mon dada
Merci pour ce comparatif de qualité, je place aussi la maximator largement devant la concurrence malgré son prix
Un vrai homme de goût
la top budget en bouteillle c’est le top
Un goût inégalable pour les amoureux du terroir et des traditions
je m’appele Maxime et g souvent tort….(même sans la bière fhoque
M’en bat les couilles
la maximator, j’en buvais il y a qq années. Une canouche c’est deja pas mal. Un soir j’ai fait la connerie d’en degoupiller 2. A la fin de la soirée je parlais aux oiseaux. Et le lendemain une chiasse mémorable. Mais c’etait une belle soirée.
Et la troisième sert à déboucher le chiottard le lendemain
je conseils à nos amis sous RSA et allocations familiales la bière Karlsquell 10 degrès de chez Aldi. elle coute moins d’un euro . niveau gout on s’en branle un peu mais l’ivresse est garantie
Voilà un homme de goût
vous êtes biens gentils cependant je n’ai pas osé parler des cubi de blanc sec bu à même le parking du Leclerc d’étampes ni des vins bas de gamme merci de votre réponse cher guide et voix de la France d’en bas
Ah oui mais là si on commence à parler des grands crus… Un château Leclerc c’est pas d’la merde ça
Bon j ai pas lu les coms mais je mets mon pied dans le plat car tu as oublier des grands classiques de ma jeunesse.
La prestige
L atlas
La kro 72
St omer
La skoll
La perloch à 8 degrés bleu
Et tant d autres mais flemme de réfléchir, j vais m en ouvrir une. Bises
À ta santé mon Marlou ! Oui, notre équipe R&D est en train de monter un budget pour s’acheter encore + de bières mais l’argent des abonnés suffit pas